Femmes Violentées:La prise en charge peine à s’installer
Apparemment, la prise en charge efficace des femmes violentées n’est pas pour demain. Les cellules d’accueil, qui ont vu le jour au sein des parquets pour assurer la prise en charge des femmes victimes de violence dans les tribunaux, buttent sur certaines difficultés.
Le ministère de la Justice a réalisé une étude afin d’évaluer l’impact de ces structures. Les résultats de cette étude qui a concerné cinq tribunaux et dont l’élaboration a duré plusieurs mois, ont été présentés lors d’un séminaire, tenu récemment à Rabat. «Nous avons réalisé cette étude pour évaluer les résultats de nos programmes et projets notamment les cellules d’accueil dans le but de pallier les lacunes. Plusieurs recommandations ont été formulées suite à cette étude», a déclaré Amina Afrokhi, juge.
Le séminaire a été une occasion pour débattre de toutes les propositions pour l’amélioration des services offerts par les cellules d’accueil au sein des parquets.
La mise en place de ces structures constitue en effet, une première expérience dans le monde arabe. Elles ont permis d’institutionnaliser la lutte contre la violence à l’égard des femmes. «Il est certain que cette expérience rencontre des difficultés liées essentiellement au manque de moyens et de ressources humaines.
D’ailleurs, nous avons insisté sur l’importance de former des profils spécialisés dans la prise en charge et l’accompagnement des femmes qui subissent des actes de violence», a précisé Ahmed Bencheikh, auteur d’une étude sur les cellules d’accueil au sein des parquets. «L’étude réalisée avait pour but de donner une vision générale et analytique sur les actions de différents intervenants dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes. De même, elle a permis d’analyser les services proposés aux femmes violentées par les cellules d’accueil au sein des parquets dans les tribunaux. A mon sens, c’est en effet le début d’un processus qu’il va falloir consolider», a-t-il ajouté.
Les résultats de l’enquête ont démontré une insuffisance au niveau des moyens humains et d’infrastructure. Ainsi, le renforcement des infrastructures au sein des cellules d’accueil et l’affectation d’un personnel qualifié notamment les assistantes sociales, sont recommandés. Figurent également sur la liste des recommandations l’adoption des normes unifiées concernant les services destinés aux femmes victimes de violence dans les tribunaux et d’élargir les compétences
des juges.
Rappelons que de nombreux programmes ont été initiés ces dernières années par le gouvernement pour venir en aide aux femmes victimes de violence. Depuis 2005, le ministère de la Justice s’est engagé dans un processus pour la consolidation des droits de la femme.
Les projets réalisés par ce département entrent dans le cadre de la stratégie nationale en partenariat avec plusieurs acteurs. L’objectif était de créer des structures de proximité pour accueillir et orienter les femmes violentées. Ainsi, des cellules d’accueil ont vu le jour au sein des parquets pour assurer la prise en charge des femmes victimes de violence dans les tribunaux.
Cependant, et malgré la réelle volonté politique d’améliorer la situation, les programmes menés par les différents départements gouvernementaux butent sur plusieurs difficultés.
Ainsi, le Maroc enregistre annuellement un nombre très important des cas de violence à l’égard des femmes. Selon les statistiques du ministère de la Justice, le nombre des procès liés à la violence à l’égard des femmes a atteint les 41.069 cas en 2007.
Si pendant longtemps, l’accompagnement des femmes violentées a été assuré par la société civile, différents acteurs institutionnels se sont impliqués davantage ces dernières années.
Le ministère du Développement social, de la Famille et de la Solidarité avait mis en place une stratégie de lutte contre ce phénomène qui se décline en cinq volets notamment la formation, la recherche scientifique et la sensibilisation. «Dans le cadre d’un plan d’action, nous avons mis en place un numéro vert destiné aux femmes victimes de violence. Le ministère a également créé un système d’information avec la participation de cinq partenaires, notamment le ministère de la Santé et celui de la Justice.
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