« Tous » un petit ours débarque à Casablanca

Tous, marque internationale de bijouterie présente dans 34 pays à travers plus de 300 boutiques, fait son entrée au Maroc.

un petit ours débarque à Casablanca Installé en plein cœur de Casablanca dans le quartier du Mâarif, la première boutique de l’enseigne présente une large gamme de bijoux mais aussi de sacs, montres, parfums, lunettes, textile… dont l’emblème unificateur est un petit ours devenu, à travers le temps, un vrai identifiant de la marque.

Pourquoi le Maroc ? « C’est un pays voisin en plein développement et nous avons trouvé les bons associés », explique Salvador Tous, président d’honneur de l’entreprise, présent à l’ouverture du premier magasin Tous marocain. M. Tous a en effet trouvé en Soumaya Raïssouni, propriétaire du magasin de Casablanca, une partenaire privilégiée. Fidèle de la marque, cette jeune Tangéroise qui s’approvisionnait en Espagne a eu l’idée d’introduire Tous au Maroc. « J’aime la marque que je connais depuis plusieurs années. J’ai eu l’idée de l’introduire au Maroc et j’ai donc sollicité une franchise qu’on a bien voulu m’accorder ». Le concept ressemble à Soumaya : frais, naturel et synonyme de tendresse. « Il s’agit de bijoux, de montres, de sacs…d’une grande simplicité doublée d’élégance. Le coup de crayon de Rosa Oriol, la styliste qui dessine les articles, est plein d’originalité ». Pas d’effet bling bling : « Nous voulons rendre le bijou accessible, un bijou que l’on peut porter tous les jours.

Mais nous restons à l’écoute de notre clientèle. Nous pouvons commander pour eux les modèles qu’ils désirent », explique Mme Raïssouni. En tout cas dans le petit magasin du Mâarif, on se sent chez soi, entourés d’affection avec ses petits ours semés un peu partout dans la boutique.

Utilisant des matières et des pierres précieuses (or, argent, perles et diamants), mais aussi du cuivre et de l’acier, l’enseigne s’est fixé comme principales priorités la qualité et le service au client.

« Nous avons deux priorités : la qualité et le service au client », explique Salvador Tous,. « L’année dernière, en Espagne, nous avons fait 250.000 réparations de pièces vendus aux clients, généralement des entretiens. Les 90% de ces pièces ont été remises à neuf sans aucune charge au client. Pour les 10% restantes, il s’agissait de produits abîmés par les clients eux mêmes presque intentionnellement ou à cause d’un mauvais usage ».

De tradition familiale, cette entreprise présente dans 34 pays doit son succès, selon son président fondateur, à « un mélange de connaissance, de ténacité, de persévérance, et de qualité, à un budget publicitaire très important et une équipe très qualifiée ».

L’enseigne qui vient d’ouvrir ses portes à Casablanca compte élargir son offre en créant 7 à 8 magasins dans les grandes villes du pays. Il est même possible qu’elle crée des modèles tournés vers le Maroc et destinés exclusivement au marché marocain.

Naissance d’un symbole

En 1920, Salvador Tous Blavi et son épouse Teresa Ponsa Mas ouvrent un petit atelier de réparation de montres qui se rapproche, peu à peu, du monde de la bijouterie. En 1965, le fils du fondateur, Salvador Tous épouse Rosa Oriol, unissant ainsi deux talents qui grâce à leur expérience et à leur créativité créent un nouveau langage en matière de bijoux. En 1985, Rosa Oriol s’inspire de ce qui deviendra plus tard un des emblèmes de la marque :

« A l’occasion de l’un de mes voyages, j’ai vu un petit ours en peluche dans une vitrine et j’ai pensé aux souvenirs chers de l’enfance. Pourquoi ne pas le faire en or ? Il est alors devenu une amulette porte-bonheur pour des millions de personnes dans le monde entier, et pour nous, il marqua le début de notre expansion internationale. Bien que nous sortions de nouvelles collections, l’ours est toujours présent, adoptant différentes formes. Il nous est très cher ».

Au début le couple a conçu une collection composée d’un ours, d’un éléphant, d’un chat, d’une petite maison et d’une petite voiture. « Au début c’était l’éléphant qui se vendait le plus, mais par la suite l’éléphant et le chat sont partis de la collection puisque la demande des clients se centrait plus sur le petit ours. Alors nous avons décidé d’en refaire dans toutes les collections d’après et il est devenu par la suite notre emblème », affirme Salvador Tous.

Houria Ben Moussa

Chaumet tisse sa toile à Casablanca

Emboîtant le pas à des enseignes de luxe qui se sont installées à Casablanca depuis 2004 dans la petite ruelle Aïn Harrouda, Chaumet annonce son arrivée sur la « place Vendôme casablancaise ».

La boutique Chaumet ouvrira ses portes prochainement, lit-on sur les publicités vantant l’une des plus belles collections de la marque « Attrape-moi si tu m’aimes » et qui ornent les pages des magazines et les rues de Casablanca.

Tissée autour d’un thème qui met en vedette une araignée et ses fils d’amour, la collection se décline en somptueux colliers tissés dans des mailles de diamants fortement caratés, des sautoirs en or jaune et blanc enfermant dans leurs filets perles, des améthystes et des diamants ou encore des bagues et des broches sur lesquelles trône majestueusement une a et des pattes articulées en brillants.

Pour Chaumet, la toile se fait pendentif. La petite bête se pare de pierres précieuses et on se laisse alors prendre dans les filets de la splendeur. Pièce unique de la collection, un collier de dentelle de plus de cent cinquante carats réunit près de deux mille sept cents diamants sertis sur des médailles ajourées, travaillés en taille rose ou en perles de diamants enfilées sur un fil d’or.

La collection joaillerie de Chaumet qui porte le nom révélateur de « Attrape-moi… si tu m’aimes », réinvente la nature et transforme la toile en une précieuse cascade d’or et de diamants.

Femmes Violentées:La réhabilitation passe aussi par l’écoute

Il est 8h30. Le centre Nejma ouvre ses portes comme chaque matin pour recevoir les femmes victimes de violence conjugale ou encore celles en manque d’information et d’orientation. Ce matin, trois cas se présentent. Ils demandent conseil, information et assistance juridique.

Trois femmes venues chacune d’une région différente accompagnée d’un membre de sa famille pour demander de l’aide. Elles ont entendu parler du centre grâce à une voisine ou une amie. Craintives, elles ont refusé toutes les trois de se confier à nous. On apprendra par la suite qu’elles ont fait le déplacement de leurs villes de résidence pour demander assistance auprès du centre. La première, venue de Taounat, a été abandonnée depuis 5 ans par un mari qui a émigré clandestinement en Espagne. Elle ne sait comment s’y prendre pour réclamer sa pension alimentaire.

La deuxième, originaire de Khénifra, a subi le même sort après quelques mois de mariage seulement. La troisième, quant à elle, est arrivée de la région du Fkih Bensaleh pour se renseigner sur la démarche à suivre pour réclamer une pension alimentaire en l’absence d’une adresse fixe du conjoint.
Comme à l’accoutumée, Khadija Ouldammou, bénévole au centre Nejma, s’active ce matin. Elle accueille les visiteurs et les installe avant de leur prêter une oreille attentive. Car le premier objectif du centre reste avant tout l’écoute.
«Les victimes vivent dans un état de détresse. Il suffit qu’elles commencent à raconter leurs problèmes pour qu’elles éclatent en sanglots. Le fait de les écouter les rassure et leur donne confiance», explique-t-elle.

L’écoute des victimes de violence conjugale ne se fait pas uniquement par voie directe, mais également par téléphone. Ayant toujours peur de dénoncer directement un mari violent, les femmes n’osent pas établir un contact direct avec les bénévoles du centre et préfèrent garder l’anonymat. Du coup, le centre reçoit souvent plus d’appels que de visites. La preuve est le nombre de 1550 appels téléphoniques enregistrés en une seule année.
En 2004, le centre a enregistré, au niveau de Rabat, un total de 918 cas, dont plus de 248 femmes victimes de coups et blessures. Viennent ensuite les cas de celles réclamant une pension alimentaire (160).
Le centre reçoit également des femmes victimes de viol ou de l’expulsion du domicile conjugal ou encore celles ayant souffert de la séquestration du mari ou du retour forcé au domicile conjugal.

Les victimes ne sont pas toujours des femmes. En effet, 14% des appels téléphoniques enregistrés par le centre viennent d’hommes ayant subi des violences conjugales de la part de leurs conjointes.
Des fois, un membre de la famille de la victime parle du problème à sa place. «J’ai eu un homme au téléphone qui appelait de Khouribga pour dénoncer le viol qu’a subi sa femme. Cet homme a même porté l’affaire devant la justice. Mais il dit avoir était victime d’une injustice simplement parce que le fils du violeur est un agent d’autorité et son oncle est un haut responsable local », ajoute Khadija.

Les femmes continuent de subir la violence du conjoint en silence. Pas uniquement au Maroc mais partout dans le monde. Il faut savoir qu’au moins une femme sur trois dans le monde a été battue, contrainte d’avoir des rapports sexuels ou a subi d’autres formes de sévices au cours de sa vie, en sachant que l’auteur de cette violence est généralement une personne connue de la victime.
Les conséquences de la violence contre les femmes sont effrayantes. Selon les derniers chiffres présentés par le ministère de la Justice marocain 15.777 cas de femmes violentées ont été enregistrés au cours de l’année 2006, soit 4.2% de l’ensemble des crimes durant la même année. Autant de chiffres qui nous poussent à tirer la sonnette d’alarme.
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Anaruz

Créé en 1997 par l’association démocratique des femmes du Maroc, le centre Nejma qui se situe au quartier des Orangers à Rabat fait partie aujourd’hui d’un réseau de centres d’écoute nommé «ANARUZ» composé de 12 centres existants dans différentes villes du Royaume. Pour mieux assurer le service de l’écoute, Nejma dispose aujourd’hui de deux assistantes bénévoles, d’une permanente, d’une assistante juridique et d’une avocate.

Créé en avril 2004, à l’initiative de 18 associations et centres d’écoute au Maroc, ANARUZ (Réseau des centres d’écoute des femmes victimes de ma violence) compte actuellement 39 membres répartis dans les différentes régions du Maroc. Il a pour mission de contribuer au renforcement des capacités des associations à travers le Maroc dans les domaines de la défense des droits des femmes et de la lutte contre la violence à leur égard. Il a également pour objectif de promouvoir la mise en place de mécanismes et de procédures institutionnelles de protection des femmes victimes de violence et de renforcer les capacités des centres d’écoute.

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