L’égalité entre les hommes et les femmes au centre des politiques publiques visantla promotion de la femme au Maroc(Mme Skalli)

L’égalité entre les hommes et les femmes est au centre des politiques publiques visant la promotion de la femme au Maroc, a affirmé la ministre du Développement social, de la famille et de la solidarité, Nouzha Skalli.

« L’égalité est aujourd’hui au coeur des politiques publiques au Maroc à travers l’agenda gouvernemental de l’égalité qui vise à éliminer les discriminations dans l’ensemble des domaines d’action et à promouvoir l’égalité à tous les niveaux à l’instar des grandes chantiers qu’a connus le Royaume sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI », a souligné, jeudi, Mme Skalli lors de son intervention devant le Congrès international des femmes dirigeantes et professionnelles, qui se tient les 10 et 11 juin à Barcelone.

Dans ce sens, la ministre a rappelé l’adoption de plusieurs réformes législatives, notamment le Code de la famille et le Code de la nationalité, la promotion de la participation de la femme dans la gestion locale à travers un système électoral permettant l’élection de 3.428 femmes, soit 12,38 pc de l’ensemble des élus, la lutte contre la violence basée sur le genre et la production des données socio-économiques sensibles au genre.

Mme Skalli a salué, à cette occasion, les actions des femmes chefs d’entreprises et le dynamisme que connaît le tissu associatif pour les droits des femmes qui inscrit également sur son agenda de plaidoyers la problématique des droits économiques des femmes.

L’évolution économique que connaît le Maroc, avec le lancement de plusieurs plans économiques intégrés comme le Plan Azur (tourisme), le Plan Emergence (industrie), le Plan Maroc Vert (agriculture) ou le Plan Halieutis (pêche maritime), ne se fera qu’avec les hommes et les femmes, a insisté la ministre, appelant à la qualification professionnelle des femmes intégrées actuellement dans le système de formation, à la mise en place de mesures volontaristes permettant l’encouragement de l’entreprenariat des femmes et leur accès aux postes de décision et à l’amélioration des conditions de leur contribution économique.

Par ailleurs, Mme Skalli a indiqué que la thématique de ce Congrès, à savoir « la promotion professionnelle des femmes en tant que dirigeantes et professionnelles », est au centre de l’Agenda national pour l’égalité à l’horizon 2012, rappelant que son département a organisé récemment une conférence nationale sous le thème « l’égalité entre les hommes et les femmes: un levier de développement économique » qui a permis de faire l’état des lieux de la place des femmes dans l’économie nationale.

La ministre a en outre fait observer que la question de l’accès des femmes aux postes de décision économique et politique constituent un levier de développement durable et se trouve au centre de la question de la promotion des droits humains des femmes, notamment dans le contexte de la crise économique et financière qui frappe le monde, estimant que la promotion des droits économiques des femmes est susceptible de booster l’économie mondiale.

Le Congrès international des femmes dirigeantes et professionnelles a notamment pour objectifs d’offrir des pistes et des stratégies pour améliorer la gestion des organisations et faciliter la promotion professionnelle des femmes dirigeantes et professionnelles, tout en mettant en exergue l’importance des technologies de l’information et de la communication pour l’essor d’une économie égalitaire.

Ce congrès, initié par le département du Travail du gouvernement autonome catalan, est une occasion de présenter les stratégies nationales et les expériences pilotes en matière d’institutionnalisation de l’égalité dans la gestion économique et technologique des différents experts provenant de pays dont la France, l’Allemagne, la Suisse, l’argentine, la Suède, l’Islande et la Norvège.

Organisée au World Trad Center de Barcelone, cette manifestation connaît la participation de femmes dirigeantes, de professionnelles et du monde de l’entreprise, ainsi que de leaders représentant différents pays et de figures internationales de premier plan, expertes en communication, leadership et technologies de l’information appliquées et en activité entrepreneuriale et professionnelle.

MAPF

Chambre des conseillers : journée d’étude sur la loi contre la violence à l’égard des femmes

Une journée d’étude sur la loi contre la violence à l’égard des femmes à été organisée, lundi à Rabat, par le groupe socialiste à la Chambre des conseillers, avec la participation de parlementaires, de représentants de départements ministériels et d’associations féminines et de droits de l’Homme.

Cette journée a pour objectif de jeter la lumière sur ce phénomène qui ne cesse de s’aggraver et qui prend plusieurs formes au sein de la société, a indiqué la présidente du groupe socialiste, Mme Zoubida Bouayad, ajoutant que cette rencontre vise également à proposer les mesures à même de faire face à ce phénomène dans le cadre de la dynamique sociale, institutionnelle et des droits de l’Homme.

S’exprimant à cette occasion, le ministre chargé des relations avec le parlement, M. Driss Lachgar a indiqué que les mutations profondes qu’a connues la société marocaine dans le domaine des droits de l’Homme notamment celles liées aux femmes, ont eu un impact positif sur le plan social à travers notamment la création de centres d’accueil des femmes victimes de violence, outre la mise en place de cellules de lutte contre cette violence au sein des tribunaux et des hôpitaux.

La ministre de la santé, Mme Yasmina Baddou a, de son côté, affirmé que son département accorde un intérêt particulier à la prise en charge des victimes de violence, à travers des unités spéciales au sein des hôpitaux dans l’ensemble du territoire national, appelant à réglementer les mesures relatives à cette prise en charge.

Dans une allocution lue en son nom, Mme Baddou a estimé que la lutte contre ce phénomène nécessite un cadre législatif sévère et global en ciblant des catégories de femmes telles que les femmes mariées, les domestiques et les émigrées et en prenant en considération les différentes formes de violence physique et psychique.

La représentante du ministère du développement social, de la famille et de la solidarité, Mme Rachida Tahiri a, pour sa part, évoqué les débats suscités au cours de l’élaboration du projet de loi de lutte contre la violence à l’égard des femmes, soulignant que cette violence est classée parmi les crimes visant la dignité des femmes.

La présidente de l’Organisation marocaine des droits de l’Homme, Mme Amina Bouayach a, quant à elle, estimé que toute loi de lutte contre la violence à l’égard des femmes doit être basée sur une approche sociétal reflétant la volonté politique à consacrer l’égalité et le droit à la vie à travers l’adoption de mécanismes d’intervention rapide, outre le droit à l’accès à la justice.

Aicha Lakhmas, secrétaire générale de l’Union de l’action féminine (UAF) a mis l’accent sur l’importance de mener des études globales pour dévoiler le phénomène de violence à l’égard des femmes, plaidant pour l’adoption d’un texte législatif global englobant tous les domaines.

Un rapport de l’observatoire marocain sur la violence contre les femmes a révélé la hausse de ce phénomène de 39% en 2008 par rapport à 2007, soulignant que 3.547 femmes ont été victimes des différentes formes de violence en 2008.

MAPF

Rapport d’Amnesty international sur le Maroc Renforcement des droits de l’Homme

L’organisation internationale de défense des droits humains, Amnesty International basée à Londres, s’est félicitée des avancées enregistrées en matière de droits de l’homme et l’esprit d’ouverture du Maroc et son engagement en faveur de la promotion et la protection des droits de l’Homme durant la dernière décennie.
«L’organisation reconnaît que le Maroc a franchi nombreuses étapes en matière de consécration de droits de l’homme et appelle le gouvernement marocain à redoubler d’effort pour améliorer les droits et consolider les acquis », a indiqué Mohammed Sektaoui, représentant d’Amnesty International au Maroc dans une déclaration accordée au Matin à l’issue d’une conférence de presse organisée mardi dernier à Rabat pour présenter le rapport annuel (2010) de l’organisation sur la situation des droits de l’homme dans le monde.
M. Sektaoui a fait remarquer que le Maroc joue désormais un rôle déterminant dans le respect et l’amélioration des droits de l’homme dans la région, soulignant que le Royaume a fait preuve d’un grand esprit d’ouverture et de dialogue par rapport à d’autres pays de
la région.
«Nous ne pouvons plus comparer le Maroc actuel avec le Maroc des années de plomb. Le Royaume a fait un saut qualitatif énorme en matière de droits de l’homme.

Ce progrès nous encourage à solliciter le gouvernement à emprunter le même chemin menant à la consécration des droits de l’homme afin de donner l’exemple à d’autres pays voisins», déclare M. Sektaoui.
Le même responsable a attribué ce progrès enregistré en matière de droits de l’homme au processus de changement et de réforme initié au Maroc qui a résulté de la création de l’Instance équité et réconciliation, une avancée majeure en matière de droit de l’homme.
Dans ce sens, M. Sektaoui a appelé le gouvernement à saisir «cette occasion exceptionnelle» pour mettre en œuvre les recommandations de cette instance ainsi que la concrétisation du grand chantier lancé par Sa Majesté le Roi, à savoir la réforme de la justice dans le but de renforcer davantage le processus de consécration de ces droits et partant contribuer à développer la société
marocaine.

Le représentant d’Amnesty au Maroc a invité, par ailleurs, le Royaume à renforcer certains droits à savoir la liberté d’expression (selon le rapport d’Amensty, les autorités ne tolèrent toujours pas l’expression d’opinion) et les droits relatifs à l’amélioration du statut de la femme dans la société.

«Malgré les efforts fournis dans ce sens, certaines lois portent encore un caractère discriminatoire envers la femme», souligne M. Sektaoui. L’organisation internationale de défense des droits humains a invité également le Royaume à mettre en œuvre les dispositions de la Convention internationale relative au statut des réfugiés.
D’après ce document, le Maroc n’a pas encore procédé à l’octroi des cartes de résidence aux refugiés malgré que le pays ait déjà ratifié ce traité. Enfin, le rapport souligne la nécessité de redoubler d’effort pour réduire la mortalité des mères, l’un des objectifs du millénaire que le Maroc n’a pas encore atteint.

Les avancées à travers le monde

Malgré toutes les atteintes aux droits humains et tous ces manquements, des avancées ont été réalisées à travers le monde. 111 Etats ont ratifié le Statut de Rome de la Cour pénale internationale. Depuis 1998, quelque 45 Etats ont adopté des lois permettant à leurs instances judiciaires nationales de poursuivre en justice les responsables présumés de crimes de droit international. De plus, l’adoption du protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels a donné un nouvel élan à la justice internationale. Ce nouvel instrument permet en effet aux particuliers de demander justice au niveau international lorsque leur droit à l’alimentation, à l’éducation, au logement ou à la santé ne sont pas respectés dans leurs pays.

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