Le Maroc encourage l’autonomisation des femmes pour combattre la violence

La ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité, Mme Nouzha Skalli a présenté, lundi à New York, l’expérience marocaine, à l’avant-garde dans le monde arabe, en matière de lutte contre les violences faites aux femmes à travers la promotion de leurs droits et leur autonomisation.

Au Maroc, « nous avons un actif considérable en matière de réalisations pour institutionnaliser l’égalité de genre dans les politiques publiques et éliminer les discrimination et violence de genre », a dit Mme Skalli, qui intervenait au siège des Nations Unies dans le cadre de la « concertation francophone de haut niveau sur les violences faites aux femmes ».

Stratégie nationale de l’équité et de l’égalité

La ministre a énuméré, dans ce contexte, une série de grands chantiers ouverts et de réformes entreprises par le Royaume dans les domaines de la famille, de l’égalité et de la lutte contre les violences faites aux femmes, à travers notamment une stratégie nationale de l’équité et de l’égalité par l’intégration de l’approche genre dans les politiques publiques.

Elle a ainsi passé en revue les étapes franchies par le Maroc pour la promotion de la situation de la femme depuis l’intronisation de SM le Roi Mohammed VI, et mis l’accent sur l’expérience marocaine dans le domaine de l’intégration du genre et de la promotion des droits de la femme dans le tissu social et la lutte contre les violences par l’autonomisation des femmes.

Dans le domaine législatif, le Maroc peut se prévaloir de grandes avancées, à savoir le code de la famille, le code de la nationalité, le projet de loi contre les violences conjugales, a énuméré la ministre soulignant le rôle primordial des législations dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

La ministre a évoqué, dans ce cadre, les acquis générés par la réforme de la Moudawana, basée sur l’égalité et la co-responsabilité.

« Cette réforme a notamment aboli la tutelle sur les femmes adultes ainsi que la répudiation », a-t-elle indiqué à l’adresse d’un auditoire intéressé, soulignant que le nouveau code de la famille a également débloqué, dans son sillage, plusieurs programmes en faveur de la femme.

Elle a, à cet égard, évoqué que le Royaume dispose d’un système d’institutionnalisation de la lutte contre la violence fondée sur le genre, lancé par son département en coopération avec les ministères de la Justice et de la Santé, ainsi que la Gendarmerie royale et la Sûreté nationale et avec le partenariat d’ONG et de la société civile.

Quelque 350 centres d’accueils sont d’ores et déjà opérationnels, a-t-elle dit, soulignant que ce système permet de disposer d’informations institutionnelles sur la violence à l’encontre des femmes au Maroc.

Projet de loi sur la violence conjugale

Le programme multisectoriel « Tamkine » lancé en mars 2008 dans le cadre du fond des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Il intègre 13 secteurs gouvernementaux et 8 agences relevant des Nations unies et vise à lutter contre les violences basées sur le genre, est une autre réalisation dont les femmes marocaines peuvent s’enorgueillir, a ajouté la ministre au cours de cette réunion en marge de la 54-ème session de la Commission de l’ONU sur le statut de la femme (1-12 mars 2010).

Elle a rappelé, à cet égard, le lancement de l’enquête sur la prévalence de la violence à l’égard des femmes et l’élaboration du projet de loi sur la violence conjugale.

De même, la ministre a défendu le droit des femmes aux postes de responsabilité et de décision, un moyen, selon elle, qui permettra de faire avancer davantage les droits des femmes.

Elle s’est félicitée, à cet égard, qu’au Maroc, lors des dernières élections municipales de juin 2009, 3428 femmes ont été élues, ce qui représente une augmentation notable par rapport aux précédentes élections.

« Les femmes représentaient jusqu’à lors 0,5 des élus communaux et maintenant elles sont de l’ordre de 12%, ce qui ne manquera pas de faire encore avancer les réformes dans le pays « , a-t-elle souligné.

La ministre s’est réjouie que dans toutes les démarches en faveur de la promotion de la femme, l’approche adoptée par le Royaume repose sur un partenariat avec la société civile, un choix stratégique visant à instaurer un débat ouvert et démocratique.

MAPF

Bilan « très honorable » en matière de promotion du statut de la femme

Le bilan du Maroc en matière de promotion du statut de la femme est  »très honorable », s’est réjouie, jeudi à Rabat, la ministre du Développement social, de la famille et de la solidarité, Mme Nouzha Skalli.

Dans une déclaration à la presse, avant la réunion du conseil du gouvernement, Mme Skalli a souligné que ce bilan est consigné dans un rapport national sur l’évaluation de la mise en oeuvre du plan d’action de la convention de Beijing+15, qui sera présenté à New York devant la 54-ème session de la Commission des Nations Unies pour la promotion du statut de la femme (1er au 12 mars). Le Maroc y sera représenté par une délégation de haut niveau, a-t-elle assuré.

Ledit rapport, qui sera présenté ce jeudi devant le conseil du gouvernement, a nécessité 9 mois de travail et de concertations avec les différentes intervenants, a ajouté la ministre.

Conformément aux hautes orientations de SM le Roi Mohammed VI et aux engagements du gouvernement, et grâce à la dynamique de toutes les forces vives du pays, le Maroc a réalisé de grandes avancées dans le domaine de la promotion du statut de la femme, notamment en matière législative, à travers le code de la nationalité, le code de la famille ou à travers les politiques publiques intégrant l’approche genre dans tous les domaines et l’accès de la femme aux centres de responsabilité et de décision.

Par ailleurs, Mme Skalli a signalé que beaucoup de défis sont encore à relever notamment dans le domaines des droits sociaux, économiques et culturels comme la scolarisation et la pauvreté, la promotion de la culture d’égalité entre les deux sexes et la lutte contre les stéréotypes qui limitent parfois les capacités de la femme dans la société. 

MAPF

Mme Skalli plaide pour la généralisation des centres multifonctionnels pour l’autonomisation des femmes

La ministre du développement social, de la famille et de la solidarité, Mme Nouzha Skalli a plaidé, vendredi à Fès, pour la généralisation des centres multifonctionnels pour l’autonomisation des femmes à toutes les régions du royaume.

« Les centres multifonctionnels pour l’autonomisation des femmes constituent une expérience pilote en matière d’offre de service, de prise en charge et d’accompagnement des victimes de violence, qu’il convient de généraliser sur tout le royaume », a dit Mme Skalli, qui s’exprimait lors de la 2ème rencontre annuelle du centre multifonctionnel Batha de Fès.

« La nature des actions de ces centres, la qualité des espaces adaptés aux enfants des femmes victimes de violence et la multitude des services englobant l’écoute, l’accompagnement psychologique et juridique, l’hébergement et la formation professionnelle font de ces espaces de véritables unités de vie », a-t-elle expliqué, lors de cette rencontre initiée sous le thème « quelle place pour les centres multifonctionnels dans l’autonomisation des femmes ? ».

La ministre a indiqué, dans ce sens, que son département s’attèle actuellement à la mise en place d’un centre multifonctionnel à Meknès, qui s’inspire en grande partie de l’expérience réussie du centre de Fès, ajoutant que d’autres chantiers parallèles sont en cours de réalisation, dont la formation des travailleurs sociaux et l’élaboration du statut des centres multifonctionnels, d’écoute et d’hébergement.

Elle a tenu à souligner que malgré les nombreuses difficultés de gestion que posent les structures pour femmes en détresse,  » notre vision basée sur les droits humains, l’engagement, l’implication des concernées, le professionnalisme et la remise en question de l’action par l’évaluation continue sont les véritables gages de réussite de ce chantier ».

Et d’ajouter que la question de la lutte contre les violences à l’égard des femmes est hissée au rang de préoccupation majeure, comme en témoigne la mise en œuvre du programme TAMKINE, qui est un plan multisectoriel de lutte contre les violences de genre fédérant les efforts de 13 départements ministériels, 8 agences onusiennes et plusieurs ONGs, l’élaboration en cours d’un agenda gouvernemental de l’égalité, la création des centres et cellules d’écoute et l’organisation de campagnes annuelles de sensibilisation.

Le représentant de l’Unesco au Maroc, M. Philippe Quéau a mis l’accent, pour sa part, sur l’importance de la stratégie nationale de lutte contre les violences à l’égard des femmes, qui met en commun les efforts de nombreux partenaires institutionnels et associatifs.

« L’Unesco, qui fait de l’égalité des genres l’une de ses priorités majeures, œuvre en collaboration avec les départements gouvernementaux et la société civile marocaine à proposer aux femmes victimes de violences des solutions pratiques leur permettant d’améliorer leur situation », a ajouté M. Quéau.

« Par les services qu’il offre, le centre multifonctionnel Batha constitue une bonne réponse aux besoins de la femme victime de violence « , a-t-il estimé.

Les participants à cette rencontre, initiée par l’association Initiatives pour la protection des droits des femmes, débattront notamment de thèmes portant sur  » les fonds d’appui des activités génératrices de revenus et autonomisation économique des femmes », « la loi 14-05, avancée juridique bloquée par des procédures d’application inadaptées » et « approche féministe globale dans un centre multifonctionnel « .

MAPF

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