Un projet de loi contre les violences fondées sur le genre sera déposé avant la fin de l’année en cours auprès du secrétariat général du gouvernement, a annoncé Mme Nouzha Skalli, ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité.
« Le projet est pratiquement prêt et sera déposé auprès du secrétariat général du gouvernement avant la fin de l’année », a précisé Mme Skalli dans un entretien au quotidien L’Opinion publié mardi à l’occasion de la journée nationale pour l’élimination de la violence contre la femme.
Elle a souligné à cet égard que la loi prioritaire actuellement est celle portant sur la violence conjugale, « car 80 pc des cas recensés sont d’ordre conjugal, ce qui est nouveau et qui marque ce 8 décembre, journée internationale de la lutte contre la violence à l’encontre des femmes », a-t-elle dit.
S’agissant des acquis réalisés par le Maroc en matière de la protection des femmes, Mme Skalli estime que « le Maroc est très avancé en matière d’institutionnalisation de lutte contre la violence faite aux femmes ».
« Aujourd’hui, on est loin d’une situation où le gouvernement se battait pour faire entendre la voix de la lutte contre la violence. Il est important que des institutions nationales aussi importantes que la police, la gendarmerie, les différents ministères aient leurs cellules d’accueil et d’écoute », a-t-elle suggéré.
Evoquant le programme Tamkine, la ministre précise qu’il s’agit d’un « programme multisectoriel de lutte contre les violences fondées sur le genre par l’autonomisation des femmes et des filles au Maroc au niveau de six régions cibles, à savoir Souss Massa Draa, Marrakech Tensift Al Haouz, Tadla Azilal, Fès Boulmane, l’Oriental et le Nord ».
Et de souligner que « la véritable action contre la violence faite aux femmes réside dans la transversalité du travail (à), il s’agit d’une véritable gouvernance de la lutte contre la violence à l’encontre des femmes ».
Pour ce qui est du coût de la violence, Mme Skalli a fait remarquer que toutes les réformes initiées par le Maroc en la matière, « agissent dans le sens de la lutte contre la violence faite aux femmes et par conséquent, diminuent le coût de la violence ». Elle a cité, à ce sujet, notamment l’impact du code de la famille sur le recul du divorce qui est passé de 11, 38 pc en 2004 à 9, 08 pc en 2009.
Evoquant le projet de loi contre le travail domestique des petites bonnes, Mme Skalli estime que ce projet constitue « une rupture par rapport à la situation précédente, parce que non seulement il interdit strictement le travail des filles de moins de 15 ans, mais prévoit également des sanctions sévères allant jusqu’à des peines de prison aussi bien pour les parents, les familles employeuses, les intermédiaires que pour les simples observateurs ».
Le tribunal administratif au conseil d’Etat égyptien s’est prononcé, dimanche, en faveur de l’application d’une décision du ministre de l’Enseignement supérieur interdisant le port du niqab lors des examens.
Cette décision intervient après que 55 étudiantes aient intenté une action contre une décision du ministre de l’Enseignement supérieur, Hani Hilal, et des présidents des universités du Caire, Ain Chams et Hilouan interdisant le port du niqab dans les campus universitaires et durant les examens.
Ce voile intégral couvrant le visage de la femme s’est trouvé au cours des derniers mois propulsé au devant de la scène médiatique après la promulgation d’un décret interdisant le port du niqab dans les cités universitaires, une décision qui a soulevé le mécontentement de certaines étudiantes qui ont organisé des manifestations devant les cités universitaires, soutenues par certains milieux.
L’Imam d’Al-Azhar, Mohamad Sayed Tantawi et du Haut Conseil d’Al-Azhar avait, lui aussi, interdit le port du niqab dans les établissements scolaires et universitaires non mixtes relevant d’Al-Azhar, et exigé l’obligation de l’enlever lors des examens si les surveillantes sont des femmes.
la marocaine
La ministre du Développement Social, de la Famille et de la Solidarité, Mme Nouzha Skalli a appelé à la consécration de la culture de l’égalité entre les deux sexes et à la lutte contre la violence à l’égard des femmes.
Mme Skalli qui était l’invité de l’émission « Hiwar », diffusée mardi soir par la chaîne Al Oula, a souligné la nécessité impérieuse de l’adoption d’une loi sur la violence conjugale qui incrimine le phénomène de la violence à l’égard des femmes.
Afin de consacrer une nouvelle culture du code de la famille, a-t-elle ajouté, le ministère du développement social a élaboré une étude sur l’impact de la Moudawana sur la société dont les résultats seront publiés à l’avenir.
Le ministère oeuvre à la consécration de la culture de l’égalité et la lutte contre la violence à l’égard des femmes, à travers notamment l’organisation de campagnes de sensibilisation pour lutter contre la violence et de vulgarisation de la culture de l’égalité et des droits de l’Homme, et ce en collaboration avec le ministère des Habous et des Affaires Islamiques et celui de l’Education nationale.
Selon Mme Skalli, quelque 30.000 cas de violence à l’égard des femmes ont été enregistrés en 2009, dont des cas graves de violence physique, sexuelle, économique et social.
D’autre part, Mme Skalli a souligné que l’action de son département consiste en particulier à coordonner les politiques publiques relatives à la promotion de la situation de la femme, des personnes handicapés et âgées, ainsi qu’à la lutte contre la précarité et l’exclusion sociale.
Concernant le cas de Aminatou Haidar, la ministre a affirmé que les manŒuvres ourdies de cette femme visent, selon l’agenda de l’Algérie et du « polisario », à faire avorter le processus de négociations, précisant que ces manigances ont été vouées à l’échec lorsque les pays influents ont appelé les parties à reprendre les négociations dans les plus brefs délais.
Par ailleurs, Mme Skalli, membre du bureau politique du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), a qualifié l’opération d’expulsion collective de 30.000 familles marocaines de l’Algérie vers le Maroc de « vengeance suite à l’organisation par le Maroc de la glorieuse Marche Verte ».
Elle a à ce propos souligné les efforts en cours pour traiter les questions sociales se rapportant aux familles résidant au Maroc, dans l’attente d’une solution définitive qui pourrait être de nature juridique au niveau international.
La ministre a, d’autre part, souligné que l’écrasante majorité au sein du parti a prôné l’alliance du PPS avec le parti du Front des Forces Démocratiques (FFD) et le Parti Travailliste (PT).
MAPF