Mère à 20, 30 ou 40 ans, ce que ça change

Et si vous aviez eu votre enfant dix ans plus tôt… ou plus tard ? Auriez-vous été plus insouciante ou plus sereine ? Enquête, et témoignage de Claudie, qui a traversé ces trois âges de la maternité.

Bien sûr, la façon d’être mère n’est pas la même, ni les attentes et les projections, au sortir de l’adolescence, à 30 ans ou à l’approche de la ménopause. Les femmes qui ont eu des enfants à ces différents âges sont les seules à pouvoir démêler ce qui relève de leur personnalité de ce qu’elles ont acquis avec la maturité. À celles qui ont classiquement mis au monde leurs « deux enfants en moyenne » autour de la trentaine – et qui se demandent si elles auraient été moins stressées à 20 ans, ou si elles seraient assez patientes après 40 –, ces mères extraordinaires répondent que l’âge ne change pas grand-chose à la manière d’éduquer. Nous avons interrogé différents experts sur le pourquoi inconscient de ces grossesses.

20 ans : se détacher de sa mère

« Tomber » enceinte à cet âge-là correspond souvent à un désir de s’assurer que « ça marche ». Certaines avortent : savoir leur suffit. D’autres choisissent de mener leur grossesse à terme. « Accueillir un enfant lorsque l’on est très jeune, explique Danièle Flaumenbaum ( Femme désirée, Femme désirante Payot, 2006), gynécologue, c’est bien sûr se poser de personne à personne face à sa mère », mais c’est aussi « passer de l’état de fille à l’état de mère sans passer par celui de femme. Comme si devenir mère, c’était devenir femme. Il y a une expansion de la féminité, et aussi une confusion totale ».

Ces jeunes filles marquent, précipitamment, la rupture avec le désir incestueux d’avoir un enfant avec leur père. « La maternité devient une protection contre l’intrusion et l’envahissement de sa famille », ajoute la thérapeute. « La plupart des mères de 20 ans sont dans les retrouvailles avec la mère archaïque, celle de la toute petite enfance, tendre, pas celle qu’elles côtoient tous les jours, avance Muriel Flis-Trèves ( Bébé attitude Plon, 2005), psychanalyste. Elles disent aussi inconsciemment à la leur, réelle cette fois-ci : “C’est fini pour toi, je prends ta place.” »

Plusieurs de ces jeunes mamans se souviennent de grossesses confiantes, ludiques, et racontent un grand bonheur de materner et d’élever. Mais elles admettent que ces premiers-là, bercés dans cette insécurité « narcissique » dont parle Muriel Flis-Trèves, essuient aussi les plâtres. « Les enfants grandissent avec elles, ils les aident à se trouver et, finalement, ils vont s’acclimater à elles », poursuit la psychanalyste. Maman grande sœur ou maman bien dans son rôle, tout dépend des jeunes femmes. Et presque toujours, c’est l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur qui permet à l’aîné de prendre un peu d’air, et sa place dans la succession des générations.

30 ans : une maternité protégée

L’enfant de la trentaine serait celui du choix amoureux, adulte, féminin. « C’est bien souvent à cette période que les relations avec la mère sont le plus apaisées », constate Muriel Flis-Trèves. C’est donc à cet âge que, psychiquement, la maternité peut être la mieux vécue. On a coutume de dire que le premier enfant est « celui que l’on donne à sa mère ». La relative « sécurité » psychologique, mais également affective et matérielle d’une femme de 30 ans la mettrait davantage à l’abri de l’envahissement maternel ou de l’intrusion. « Cette femme est censée être ancrée dans sa féminité. Elle a connu, ou pas, la jouissance, elle peut s’assumer. À ce moment, le désir partagé d’un enfant va être un beau moment de la vie », confirme Danièle Flaumenbaum.

Les trentenaires se sentent « dans leur splendeur », ajoute-t-elle. Le regard de la société et des proches les installe comme des mères qui savent, capables de faire les bons choix, protégées des pressions que subissent les « trop » jeunes, soupçonnées d’immaturité, et les « trop » vieilles, accusées de se faire plaisir.

40 ans : l’ombre de la ménopause

« J’ai pris en même temps dix ans de moins et dix ans de plus ! » confie Christine, qui a mis au monde son premier enfant à 39 ans. « À cet âge-là, affirme Muriel Flis-Trèves, plane l’ombre de la ménopause, qui est déjà le lot de leur mère. Ce sont des grossesses où l’angoisse de la mort est beaucoup plus prégnante. »

Nombreuses aussi sont celles qui ont déjà « assouvi » leur désir de procréation mais se posent la question d’un petit dernier, parfois à la grâce d’une nouvelle histoire d’amour. « Les femmes plus âgées sont connues, dans toutes les civilisations, pour montrer un amour plus tendre aux derniers-nés », observe l’anthropologue Sarah Blaffer Hrdy( La Femme qui n’évoluait jamais, Payot, “Petite bibliothèque”, 2002). Souvent, elles estiment que cet enfant a bénéficié de la meilleure maman, et de la meilleure place dans la famille, protégé des rivalités. Leur fatigue et le relâchement de certains principes éducatifs sont compensés par la présence d’aînés, qui font office d’initiateurs, un peu comme dans une tribu.

Plus que de surinvestissement, elles témoignent d’une forme de « détachement bienveillant, de patience, d’humour » qu’elles n’avaient pas forcément avec les aînés. Elles n’essayent plus d’être les plus performantes sur tous les fronts, celui du travail, de la séduction, d’une progéniture parfaite.

Le regard que ces mères mûres portent sur ces enfants du couchant fait écho à ce que Françoise Dolto appelait « l’amour maternel évolué » : « La mère doit avoir atteint un niveau de maturité assez exceptionnel au point de vue émotionnel. Elle doit également ne plus être tout à fait jeune pour être dégagée du besoin de plaire à son mari par l’intermédiaire des enfants»(in Le Féminin de Françoise, Dolto Gallimard, 1998). Et c’est vrai que des maris et des pères, ces femmes en parlent très peu…

Témoignage
Claudie, 22 ans, un fils, Régis
« Je marque mon territoire »

« C’est en 1968, pendant les événements de mai, que l’on décide d’avoir un enfant. J’ai 21 ans. Je ne me sens pas trop jeune, je veux me démarquer de ma propre famille, fonder la mienne. J’ai passé toute ma vie à m’occuper de mes onze frères et sœurs, et ce bébé va marquer mon territoire, me prémunir de leur intrusion. Me protéger. Je suis heureuse d’être enceinte, je travaille, la vie est pleine de promesses. J’annonce à mes parents la naissance de Régis le lendemain d’un accouchement extrêmement pénible. Ma mère me répond une lettre d’injures de deux pages. Je me souviens de : “Tu te prends pour Simone de Beauvoir ?” parce que je ne suis pas mariée. Je ne me pose aucune question sur l’éducation : j’allaite, c’est mon fils, je sais ce dont il a besoin, je n’impose pas d’horaires de repas ou de coucher, juste des règles de respect réciproque. Mais intérieurement, je suis en proie à une intense anxiété, liée à ma mère. Cécile naît deux ans plus tard : je suis ravie d’avoir une fille. »

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Mon enfant bégaie, que faire ?

Pourquoi ne faut-il pas attendre qu’il arrête de bégayer ?

Parce que même si le bégaiement peut passer seul, ce n’est pas toujours le cas. En cas de consultation précoce pour bégaiement, le taux de retour à un langage fluide à l’adolescence est de 90%. En revanche, si l’on ne fait rien, il restera 25 % d’enfants qui continueront à bégayer. Sachant que ce trouble guérit d’autant plus facilement qu’il est pris tôt, pourquoi attendre ?
Oui, idéalement avant 4 ans et demi, parce que quand on consulte tôt, il suffit souvent d’une à trois séances avec l’orthophoniste pour voir le trouble disparaître s’il n’est pas accompagné d’autres difficultés. Plus la période de bégaiement aura été brève, plus la chance qu’il cesse rapidement est importante. Et ce sont surtout les parents qui vont consulter, plus que l’enfant ! En effet, les parents ont besoin de savoir comment se comporter pour aider l’enfant à sortir de sa difficulté.
 » La prévention, avant quatre ans et demi, c’est l’art de faire baisser les tensions, de comprendre la souffrance de l’enfant  » affirme Anne-Marie Simon. Voici quelques conseils pratiques :

- Ne jouez pas la fausse indifférence et ne faites pas semblant de rien. L’enfantbégaie, il le sait, il en souffre. Si son problème devient un sujet tabou, il imaginera que c’est très grave puisqu’on ne peut même pas en parler…

- Sachez écouter l’enfant. Privilégiez ce qu’il a à dire plutôt que la manière dont il le fait. Sinon, le langage devient angoissant pour l’enfant, comme un outil à bien manier, et non plus une manière naturelle de communiquer. Il peut développer de l’anxiété et une souffrance à ne pas être écouté dans ce qu’il est mais dans ce qu’il fait.

- Sachez vous adapter au langage de l’enfant. Il est encore petit, mettez-vous à sa portée. Utilisez des mots simples.

- Ne parlez pas trop rapidement, il a du mal à vous suivre. Il bégaie peut-être parce qu’il essaye de parler aussi vite que vous !

- Ne posez pas trop de questions en rafale, il aura du mal à comprendre faute de temps, et encore plus à y répondre.

- N’utilisez pas un langage trop complexe avec des phrases très longues.

- Ne le corrigez pas sans cesse dans sa manière de parler.

- Ne changez pas de sujet trop souvent, il a du mal à suivre.

- Quand il parle, répondez à ce qu’il dit, et ne parlez pas de sa manière de le dire.
Pas du tout. Dans un même contexte, un autre enfant pourrait très bien ne pas bégayer. Il se peut qu’il ait un léger retard phonologique comme c’est le cas pour 40 % des enfants qui présentent cette difficulté de langage. Il se peut qu’il soit anxieux suite à des surchauffes émotionnelles, séparations, colères, frustration, envie d’autonomie… Il peut aussi vivre des événements familiaux, sources d’insécurité pour lui, déménagement, naissance d’un frère ou d’une soeur, séparation des parents…

Quoi qu’il en soit, on ne peut incriminer les parents. Mais s’ils ne sont pas à l’origine du bégaiement, ils peuvent en être les co-thérapeutes avec l’orthophoniste, pour peu qu’ils s’en donnent la peine. Leurs efforts sont la plupart du temps couronnés de succès.

(1) Un grand merci à Anne-Marie Simon, orthophoniste et auteur d’un article professionnel :  » Le bégaiement chez l’enfant : intervention précoce chez le très jeune enfant, et traitement pour l’enfant d’âge scolaire et le pré-adolescent « .
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Votre fils aîné semble être un adultolescent

Oui c’est un dilemme douloureux que vous vivez, car il comporte de nombreux enjeux.

1) Laissez parler la « maman » qui est en vous

En premier celui d’accepter de ne pas être que la mère de vos enfants

La mère, c’est la partie frustrante, répressive, « emmerdante » (car elle voit en premier ce qui ne va pas, ce qui n’a pas été fait, ce qui devrait être fait, etc…) de la fonction maternelle. Donc que vous n’êtes pas obligée de porter toujours cette casquette devant vos enfants (même s’ils sont très habiles pour la restimuler sans arrêt… en vous !!!)

Car il y a aussi une maman en vous, qui peut être gratifiante, bienveillante et qui peut aussi voir tout le positif chez l’un ou l’autre de vos enfants. Y compris quand ils se sont lavé les dents, ou qu’ils ont changé de chemise, et qu’ils ont exceptionnellement… tiré la chasse d’eau dans les toilettes !

2) Renoncez à la toute-puissance

Un autre dilemme : renoncer à la toute-puissance infantile (ITPI), c’est-à-dire à croire que vos désirs, vos souhaits d’ordre, de rangement, de propreté sont tout puissants et que vos enfants devraient les respecter.

Cela veut dire que vous n’êtes pas responsable du désordre de leur chambre ; seulement co-responsable du désordre dans les lieux communs. Et pour cela je vous invite à créer le sac des crottes relationnelles de votre famille (un très grand sac constitué par un grand drap cousu) dans lequel vous déposez tout ce qui vous gêne dans l’appartement tout ce qui n’est pas rangé ! C’est vous qui êtes gênée par le désordre, vous le faites alors (en vous responsabilisant) pour votre gêne, uniquement pour votre gêne : en renonçant à la mission (vouée à l’échec, vous en avez la démonstration tous les jours !) de leur apprendre l’ordre et le rangement ou le respect des lieux communs.

Ainsi vous changez vos objectifs : au lieu de faire pour eux, vous faites pour vous, pour votre confort, pour le respect de vous ! En vous respectant devant (au lieu de leur demander de vous respecter, ce qu’ils ne font pas) vous allez déclencher leur respect.

3) Fixez une échéance à sa rencontre avec la réalité

Pour votre aîné, il semble correspondre à cette nouvelle tranche de vie que j’appelle les adultolescents. Entre enfance et adultolie, ils attendent, semblables à des bouchons flottant au gré des vagues de la vie. Service militaire ou éducation spécialisée… ou rien, attendre. Mais cela signifie que quelqu’un (vous) répond à ses besoins, qu’il ne les prend pas en charge (même en vendant des pizzas !)

Là aussi, il vous appartient de vous définir et de fixer une date ferme à sa prise en charge de votre part. Cela veut dire prendre le risque, de le mettre à la porte au-delà d’un certain délai (par au-delà d’un certain seuil de tolérance), au-delà d’un délai qui s’appelle rencontre avec la réalité.

Les parents sont là pour répondre aux besoins de leurs enfants, oui, mais jusqu’à un certain âge… Au-delà, il appartient à ces ex-enfants de se prendre en charge. Petit clin d’œil, puisque vous semblez élever seule vos enfants (vous prenez tout sur vous de leur confort et de leur passivité), peut-être est-il temps de développer d’autres dimensions en vous. Celle de la femme par exemple.

Dernier clin d’œil : mes livres n’ont aucune valeur, ne servent rigoureusement à rien si on ne respecte pas une, une seule des règles d’hygiène relationnelles qu’ils contiennent.

Bien à vous sur ce chemin de vie,

msn.fr

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