Patchwork d’imprimés chez Kenzo, Ungaro retrouve ses marques

Kenzo a présenté lundi une collection aux couleurs automnales, mélangeant les imprimés les plus variés, tandis qu’Ungaro retrouvait la sérénité en l’absence de la starlette américaine Lindsay Lohan, qui avait collaboré à la précédente collection largement décriée

Le défilé de la marque Emmanuel Ungaro pour l’hiver prochain a semblé presque printanier, à dominante de rose et de vert vif, avec quelques imprimés en dégradé de dalmatien, du prince de Galles et des petites robes cocktail noires. Les pantalons noirs s’arrêtent quelques centimètres au dessus de la cheville et se portent avec des ceintures en mousseline de couleurs vives.

Sous les applaudissements, la styliste Estrella Archs sort saluer, seule, en l’absence surprise de Lindsay Lohan, pourtant présente à plusieurs défilés ces derniers jours, y compris Kenzo dans l’après-midi.

Le service de presse de la maison a confirmé à l’AFP qu’elle n’avait pas travaillé sur cette collection, sans souhaiter évoquer l’avenir de cette relation de travail.

Kenzo et son styliste sarde Antonio Marras ont joué les contrastes d’imprimés: fleurs, prince de Galles, rayures et pois, affirmant qu’il s’agit de la « melting-mode de 2010″, une mode qui donne aussi « de l’espace au corps ».

Sur un medley de la fin des années 1960, entre Cat Stevens, Simon & Garfunkel et Rolling Stones, il a présenté des robes très longues et des pantalons fluides avec bottines compensées.

Passe un manteau recouvert de paillettes argent devant, un dos en feutre gris et des manches en fourrure. Moins habillé et plus étudiante chic, un manteau rose à capuche doublé de gris et, en miroir, un autre gris brodé de pastels, à doublure rose.

Stella McCartney a choisi l’Opéra Garnier pour sa collection en transparences, souvent sans manches et asymétrique. Les ors de la salle font écho à la teinte camel de robes courtes unies ou de pièces à larges rayures noires horizontales.

Une robe fuschia se pare de grosses pastilles volantes, une autre orange démarre par un col roulé. Le plus souvent, les étroits cols en V s’étirent jusqu’au nombril. Dans le dos, des traînes en organza prolongent les minirobes.

La styliste a notamment dédié cette collection au couturier récemment disparu Alexander McQueen, dont la marque est contrôlée, tout comme la sienne, par Gucci Group (PPR).

La dernière collection de McQueen, qui devait à l’origine défiler mardi soir à la Conciergerie, sera vue dans un salon par quelques « happy few » triés sur le volet, mardi et mercredi.

Dans la matinée, Guy Laroche avait associé le cuir au jersey, au tweed ou à la dentelle. En large ceinture sur le premier modèle, on le retrouve sur des longs gants à franges, puis au centre d’une jupe fluide, fendue sur les deux cuisses.

Suivent des robes en daim, beige ou rouille, un trench court devant et allongé en arrondi sur le dos, des ensembles pailletés argent et cuivre, des étoles en fourrure et une série de robes longues en mousseline pour le soir qui se prolongent d’une traîne.

La maison Léonard a décliné sept tableaux aux imprimés différents, des anémones rouges au kaki ou rose-violet, dans une dominante « gourmande: vanille, caramel, chocolat ». La peau de chèvre velours est utilisée pour les tops mais aussi par touches sur les jupes.

afp.com

Galliano en trek ethnique, doux confort chez Rykiel

John Galliano est parti dimanche en trek ethnique avec ses femmes nomades aux chaussures de montagne talon aiguille, quand Sonia Rykiel invitait au confort, avec des manteaux enveloppants et de la maille douce

La tribu du styliste anglais fend la montagne « vers des frontières imaginaires, à la recherche de terres nouvelles », annonce le programme. Coiffées de chapeaux camouflage, elles portent des couches successives pour se protéger des éléments et s’adapter « au climat toujours changeant ».

Ces aventurières de contrées lointaines portent des jupes sur sarouels, des vestes brodées aux manches en fourrure et de grosses ceintures sur les hanches. Le soir, elles se transformant en princesses, enfilant de longues robes transparentes et colorées, brodées de fourrure encore ou de motifs argent.

Sonia Rykiel parie sur l’ »oversize », des manteaux ou tailleurs très larges sur un pull en maille douce et transparente. Les mannequins, qui se saluent au passage en se frôlant la main ou en s’envoyant des bises, arborent un pompon géant sur le côté de la tête.

Les couleurs sont douces : beige, gris clair, « nude », mais aussi du kaki, violet et marron. Tout a l’air chaud et doux. La collection revisite les codes de la maison : strass sur du noir, rayures de couleur mais de largeurs irrégulières, pulls tuniques. Elle joue aussi avec des trompe-l’oeil, comme cette robe au motif de dentelle noire devant et rayures laine derrière.

Les filles reviennent saluer, en manteaux plumes d’autruches de différentes couleurs, avant de se mettre à danser sur scène, bras levés, au son de Nirvana.

La marque Céline, et sa styliste Phoebe Philo, ont présenté une collection classique et élégante, mariant souvent le bleu marine et le noir.

Sur des lignes épurées et féminines, elle mixe aussi les matières, comme cette robe sans manches en cuir noir, dont la partie jupe est faite de tweed bleu scintillant.

Karl Lagerfeld, le styliste de Chanel, a présenté sa propre collection pour l’hiver prochain, un jeu de contrastes entre le mat et le brillant à dominante de noir.

Dans un style qu’il a voulu « graphique », il décline un simili vinyle en pantalons cigarette se terminant au dessus de la chaussure, avec un zip sur le côté, presque comme une guêtre, mais aussi en jupes, qu’il superpose d’ailleurs volontiers sur les pantalons.

Il s’agit d’une « nouvelle matière enduite de vernis, mais qui respire », a indiqué le couturier en coulisses : « Ca coule sur le corps comme une laque, c’est fluide. Alors que le vinyle ça colle, c’est dégoûtant! ».

Après la trentaine de manifestants anti-fourrure la veille chez Jean Paul Gaultier, une jeune fille a dénoncé l’anorexie encouragée, selon elle, par le milieu de la mode. A l’entrée du défilé Lagerfeld, elle s’était allongée à même le sol, visage caché et bras nus sous un sac poubelle, grelottant violemment au-dessus d’une pancarte affirmant: « La taille zéro tue ».

Tout au long du week-end, des invités sont venus aux défilés avec leurs enfants, provoquant parfois des situations cocasses. Comme cette petite fille de 4 ans, debout au 1er rang, paraissant obnubilée par le spectacle jusqu’à ce qu’elle décrète, solennelle : « C’est moche! ».

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Mode à Paris: neuf jours de défilés, la collection McQueen sur rendez-vous

Après New York, Londres et Milan, la Semaine de la mode marque sa dernière escale pour le prêt-à-porter féminin de l’automne prochain à Paris avec pas moins de neuf jours de défilés dès mardi

La dernière collection d’Alexander McQueen, qui s’est donné la mort en février, ne défilera pas comme cela était prévu à la Conciergerie, mais sera présentée en salon privé, sur rendez-vous uniquement. Sa maison a indiqué avoir décidé de cette présentation, plus discrète, en accord avec le groupe Gucci qui en contrôle 51%.

Le rythme promet d’être intense avec 90 défilés sur 9 jours, soit une moyenne de dix défilés par jour, contre 94 la saison dernière.

Seulement quatre petits nouveaux dans le calendrier, dont trois défilent dès mardi soir, ouvrant ainsi la semaine: le Belge Anthony Vaccarello, qui a remporté le Grand prix du festival de mode de Hyères en 2006, Nicolas Andreas Taralis, Gréco-allemand, ancien assistant de Hedi Slimane passé par Cerruti. Et l’excentrique dandy parisien Quentin Veron, créateur de fourrure exclusivement.

Thierry Mugler réintègre le calendrier avec un défilé le 9 mars. Agnès B. le quitte en revanche, pour présenter sa collection sur rendez-vous. Exit aussi le Belge Kriss Van Assche qui préfère, lui, se concentrer sur la mode masculine.

Par ailleurs, la styliste anglaise très attendue Phoebe Philo présentera son 2ème défilé pour Céline, comme le Milanais Marco Zanini, qui a pris la direction artistique de la maison Rochas l’an dernier.

La marque Alexander McQueen devrait survivre au décès de son créateur, comme l’a annoncé fin février le groupe PPR, sans préciser qui pourrait en prendre la direction artistique. Le styliste travaillait sur cette dernière collection quand il s’est suicidé.

Après les jeunes créateurs mardi soir, sont attendus Dries Van Noten et Gareth Pugh mercredi, avant toutes les grandes marques au coeur de la Semaine.

Clap de fin le 10 mars, avec les défilés d’Hermès, Cerruti et Miu Miu.

afp.com

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