Déco : les toilettes

Voilà un sujet dont on parle très peu en déco, et pourtant force est de constater qu’un intérieur bien tenu l’est jusque dans ses petits coins, et qu’il y a bel est bien une déco des toilettes.

Déco : les toilettes

C’est sûr, le nombre d’accessoires dans ce lieu confiné est plutôt limité. C’est d’autant plus amusant de voir les choix stratégiques faits par le propriétaire des lieux.

Certains sont purement fonctionnels. On a parfois l’impression de s’y retrouver dans une buanderie. Des produits de nettoyage en tout genre y sont rangés. C’est nickel, rien ne traîne au sol, il y a assez de rouleaux de papier toilettes pour tenir jusqu’en 2014, et les murs sont d’une blancheur irréprochable. Pratique, mais glacial.

Il y a les sympa. Les murs on été peints avec un pot de peinture qui passait par là. Des magazines jonchent le sol, donnant toutes les infos nécessaires sur leurs propriétaires : monsieur rêve de s’acheter un 4×4, madame cuisine bio, et on lit Le Figaro. Au mur, une carte du monde est affichée, montrant les endroits où nos hôtes ne sont pas encore allés. La visite commence à ressembler à un voyage initiatique dans leur psyché, c’en est limite gênant.

Il puis il y a les chics. Ceux-là sont habitués à avoir de la visite. Un pot pourri y a été disposé, répandant une odeur discrète mais tenace. Des encadrés cherchent à détourner l’attention. Affiches de mode, gravures anciennes… Des livres d’art vous invitent à vous cultiver. Ici, on est raffiné jusque dans les petites choses de la vie…

Mes toilettes sont un peu un mélange de tout ça : ils voudraient être chics mais sont envahis par des magazines et se transforment parfois en lieu d’exposition des dernières trouvailles de Mr Propre… Et vous, ils sont comment les vôtres ?

Défilés de haute couture: moins d’extravagance, plus d’élégance

Les défilés de haute couture pour l’automne-hiver prochain, qui se sont achevés jeudi, ont proposé des vestiaires assagis destinés à séduire la clientèle fortunée dans un contexte mondial morose.

Défilés de haute couture: moins d’extravagance, plus d’élégance

C’était « moins exubérant que d’habitude, cette saison est un peu calme », constate Donald Potard, agent artistique pour créateurs de mode, à propos des quatre jours de défilés parisiens. « Il y a une orientation générale qui va vers un certain apaisement », estime aussi Florence Müller, professeur à l’Institut Français de la Mode.

Cet assagissement a été particulièrement perceptible dans la collection de John Galliano pour Christian Dior. Le créateur britannique a dessiné une garde-robe d’une élégance époustouflante mais beaucoup moins extravagante que d’habitude. Il a multiplié les références au fondateur de la maison de couture et renoncé aux coiffures hors normes et maquillages outranciers qui étaient sa marque de fabrique.

Selon Mme Müller, l’assagissement observé dans de nombreuses collections conduit à « une sorte de nouveau classicisme » sans nostalgie ni passéisme. Les couturiers ont simplement « pris la mesure de l’air du temps, d’une certaine attente des femmes d’un vêtement qui les rend belles ».

Pour M. Potard, les créateurs « traduisent par leur mode des comportements sociaux, un état de la société ». Or « on est dans une période de morosité totale ».

« Il y a aussi quelque part un rejet du bling-bling », ajoute-t-il. Peu de pierreries ont en effet brillé sur les podiums. Même Christian Lacroix a surtout brodé ses dentelles noires de jais, dans une collection plutôt sombre, avec cependant des éclats de couleurs vives.

Assagissement ne signifie pas « renoncement », au contraire, « c’est pour aller aux sources d’un raffinement, d’une élégance », estime Mme Müller. « Ce qu’on a perdu en extravagance, on l’a gagné en élégance », résume M. Potard.

Pour Béatrice Ferrant, de la jeune griffe Lefranc-Ferrant, si la haute couture et le prêt-à-porter de luxe s’assagissent, c’est parce qu’ »il faut lisser, plaire au plus grand nombre ». « Il y a une sorte de réalisme qui prévaut », estime l’historienne de la mode Lydia Kamitsis.

Les défilés ont aussi montré « une quête de virtuosité », souligne Mme Müller.

C’était le cas en particulier chez Dior, Chanel, Gaultier avec son travail sur les structures de robes à crinoline, ou encore Givenchy pour qui le styliste Riccardo Tisci a poursuivi son travail sur les volumes.

Beaucoup de créateurs ont mis l’accent sur la taille, soulignée par des tubulures inspirées d’un orgue chez Chanel, prise dans une ceinture-corset chez Dior. Les manches, souvent gonflées, et les cols ont été très travaillés.

La semaine a aussi montré la fragilité de certaines griffes. La petite maison Franck Sorbier n’a pu présenter que deux modèles de la collection prévue en raison de difficultés financières de dernière minute.

L’Italien Maurizio Galante a proposé un manteau et quatre robes, la plupart en organza, des sacs et quelques petits meubles.

La semaine s’est terminée sur un pied-de-nez. La créatrice Ma Ke, première Chinoise invitée dans le calendrier avec sa marque Wuyong, a proposé des vêtements de paysans réalisés dans des toiles de coton tissées, teintes et cousues à la main.

Elle affirme rechercher des « qualités spirituelles » en « opposition complète avec les tendances de la mode moderne » et veut que « les vêtements retournent à leur simplicité originelle ».

AFP

Haute couture: grandes orgues pour Chanel et insectes noirs pour Lacroix

Karl Lagerfeld aime l’orgue et l’a montré mardi en proposant pour l’hiver prochain une collection inspirée des tuyaux d’orgue, tandis que Christian Lacroix a plus que jamais marié la dentelle noire et le jais pour un sombre vestiaire, né de l’évocation du monde des insectes

grandes orgues pour Chanel et insectes noirs pour Lacroix

Sous la verrière du Grand Palais où se tenait le défilé de Karl Lagerfeld pour Chanel, au deuxième jour de présentation des collections haute couture parisiennes, plusieurs centaines d’invités ont applaudi les mannequins qui apparaissaient et disparaissaient entre de grands cylindres gris installés sur la scène, symboles d’un orgue géant.

Des alignements de minces « tuyaux » de tissu soulignent comme des smocks la taille des robes ou structurent des manches en leur donnant un aspect rigide et du volume.

« L’inspiration, c’est le buffet d’orgue de la salle Gaveau », a précisé Karl Lagerfeld à la presse. L’orgue de la célèbre salle parisienne de concerts classiques a été récemment restauré. « Tout d’un coup, j’ai trouvé très joli les buffets d’orgue et j’ai eu l’idée du décor, la collection est venue de là », dit-il.

La technique employée dans la collection n’a rien à voir avec les smocks, souligne le couturier: « c’est fait tuyau par tuyau, légèrement rembourré, piqué, brodé. C’est un travail absolument fou ».

Le célèbre tailleur Chanel se fait discret, la collection en comprend peu, et avec des vestes rallongées. Karl Lagerfeld propose en revanche des « robes qui ressemblent à des tailleurs et qui n’en sont pas ».

L’essentiel de la collection se décline dans des nuances de gris, de noirs et de blancs. Une robe longue rose, fermée dans le dos pas un long alignement de boutons et au drapé retenu par une fleur se fait d’autant plus remarquer.

Même les broderies or ou argent jouent les demi-teintes. D’autant qu’elles sont réalisées avec « des bouts d’aluminium, des choses très étranges », explique Karl Lagerfeld.

Certains mannequins portent comme des cadres de tableau autour du visage, attirant encore davantage le regard vers le haut de la silhouette.

Le défilé a été applaudi notamment par l’ancien mannequin Claudia Schiffer, la comédienne Patricia Arquette, les chanteuses Ayo et Dany, ou Bernadette Chirac.

Christian Lacroix, qui défilait pour la deuxième fois à Beaubourg, a livré une collection plutôt sombre qui fait la part belle aux arabesques de dentelle noire et aux broderies de jais sur de courts fourreaux, des manteaux ou robes à volumineuses manches lampions. La silhouette est souvent courte, près du corps.

La couleur est douce, en dégradé de corail sur un long fourreau de mousseline chair, une jupe drapée et bouillonnée saumon, en fourreau caramel.

Mais, comme toujours chez le couturier, est elle aussi vive, d’autant plus vive qu’il y a beaucoup de noir. Elle éclate sur une courte robe trapèze bouton d’or, en oeillets géants fuchsia sur une robe en satin, en vagues de mousseline coquelicot sur une robe longue feuilletée et bouillonnée.

La collection vient un peu « du monde de l’insecte », explique Christian Lacroix. Mais, souligne-t-il, « je ne me suis pas amusé à faire un Microcosmos », en référence au film sur la vie des insectes. Ce ne sont « pas non plus des costumes de fin d’école maternelle », du genre « ma fille s’habille en libellule ». La collection joue plutôt avec les idées de carapaces, de « choses un peu comme des élytres, très transparentes ».

« C’est sombre, c’est sûr, l’hiver je suis toujours sombre », conclut le couturier.

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