Si Adriana Karembeu a rayonné sur les podiums en portant le caftan marocain, ce dernier a ébloui le monde de par ses nouvelles tendances qui épousent une mode venue servir le traditionalisme qu’impose son origine. Le Maroc a proposé, le monde a disposé… Le caftan marocain unit la fantaisie et le caprice, enlace la magie et le charme et conjugue la séduction à tous les temps. La tradition flirte avec le « in », l’audace se mêle à la réserve sous le regard béni-oui-oui du modernisme oriental, les coupes épousent les corps, les broderies convolent avec les tissus et les couleurs accouchent de miracles prodiges. Le caftan marocain unit la fantaisie et le caprice, enlace la magie et le charme et conjugue la séduction à tous les temps. Les femmes en raffolent, les hommes en redemandent.
« J’aime voir ma femme en caftan ou en takchita, ça opère un charme particulier qui la rend tellement sublime, j’adore tout simplement » nous explique Youssef devant sa jeune femme toute fière. C’est une œuvre d’art purement de chez nous signifiant la joie et l’euphorie. Les centaines des Qsayed du Melhoune peuvent justement en témoigner.
A titre d’exemple, feu Hadj Houssain Toulali ne s’est jamais empêché de chanter la grâce de la femme avec son caftan traditionnel. C’est un héritage de générations fièrement porté dans toutes les cérémonies marocaines. Fiançailles, mariages ou encore baptêmes sont des occasions ou le caftan enivre de beauté et d’élégance. Les différentes coupes qu’il s’approprie se font une joie immense de le personnifier et cela lui réussit. Il choie « laâroussa », sublime la « nfissa » sous le regard minutieux de la « khayata ». Il comble l’envie et donne des envies. C’est l’habit de base de la femme marocaine qui satisfait la fierté féminine qu’elle s’est emparée au fil des décennies. Il ressort un éclat particulier illuminé davantage par la tradition contemporaine que la mode a su embellir. La silhouette est ainsi élue dame de cœur et le corps devient le socle d’un somptueux tableau à la marocaine.
Du temps des Romains, le caftan a su se frayer un chemin et élire définitivement domicile au Maroc. Il fait désormais partie du patrimoine national et confirme de jour en jour sa position de leader dès qu’il s’agit d’élégance et de majesté orientale. Les stylistes ne tarissent pas d’expositions où l’imagination et la créativité sont les maîtres mots de la partie. Les coupes diffèrent, les tissus se distinguent et la clientèle exige la perfection à souhait.
« Les femmes peuvent passer toute une journée à choisir le modèle qu’elles veulent. Elles ont plus de choix et donc plus de difficultés à trouver ce qu’elles cherchent » explique Malika, couturière. En effet, les tissus, les broderies et les motifs proposent une panoplie de choix grâce aux coups de modernité qui manipulent le domaine. Satin duchesse, dentelle de Calais, taffetas, chanton de soie, mousseline ou encore organza, les tissus ne manquent pas, les motifs de couture non plus. La « Sfifa » retrace le modèle « makhzenien », les « Aakad » font la révérence à la « Dabbana », la « Randa » se joint à la finesse du « Darsse » et les « Kitanes » encadrent finement les côtés.
La broderie, quant à elle, épate encore et toujours la galerie. Vieux de la vieille, ces motifs roucoulent toujours avec les caprices de femmes de plus en plus exigeantes. Amina, brodeuse de son état, exerce ce métier depuis ses vingt ans. Elle a, depuis bien longtemps, fait de la patience son allié ce qui lui a valu tout son ABC de clientes. « Les femmes sont totalement différentes les unes des autres. Tant que les goûts ne se ressemblent pas, chacune d’elles exige un motif qui soit exquis et unique. Elles veulent que les couleurs soient ensorcelantes sans pour autant frôler le ridicule. Actuellement, on remarque le retour d’un modèle de broderie très ancien qu’on appelle « Jarda ». C’est un ensemble de motifs brodés – souvent des fleurs d’où vient le nom « jarda » (jardin) – particulièrement au niveau de la poitrine et qui sollicite une bonne palette de couleurs et de tons. Ce genre très traditionnel pousse les femmes à oser en misant sur le flashy et le fil « Sqalli » afin de faire ressortir la beauté des broderies. Il est très demandé ces jours-ci », nous raconte la gâteuse de ces dames. Ce que ces dernières omettent, c’est surtout tous ces frais qui pullulent en comblant les quelques souhaits qu’elles ont. Vos désirs sont des ordres mesdames ! L’addition pour après…
Oh grâce quand tu nous tiens… Si le caftan marocain émerveille autant les yeux et les cœurs, sa création n’est pas aussi simple que cela en a l’air. De la coupe à la couture en passant par la broderie, cette 8ème merveille du monde exige l’art et la manière. Pour ce faire, minutie, application et perfection sont forcément de mise. En effet, l’ « izar » qui enroulait le corps avec une petite ceinture à la taille au temps des romains n’a plus rien à voir avec l’industrie actuelle de la haute couture traditionnelle marocaine.
Pour la création d’un caftan, une bonne main-d’œuvre agit et réagit. Tout d’abord, le choix du tissu décide de tout le modèle. « Les vendeurs viennent en aide à des clientes hébétées devant autant de collections.
Au fait, il existe deux sortes de femmes : la première est celle qui vient sans avoir un modèle précis donc il est parfois plus difficile qu’elle soit convaincue par un type de tissu de tous ceux qu’on lui propose. La deuxième est celle qui vient avec un modèle dans la tête et donc elle choisit facilement le tissu dont elle a besoin » témoigne un commerçant dont la façon de parler s’est convertie à celle d’une femme de 45 ans. Avec ses « lalla » qui ponctuent chacune de ses phrases, il rappelle les anciennes femmes voilées qui sillonnaient comme des colombes les petites ruelles de l’ancienne médina Fassi ou Rbati.
Vient ensuite la couturière qui joue souvent le rôle de la styliste aussi. Evasée, ajustée ou encore serrée, les coupes proposent un chapelet de choix pour les clientes en quête du parfait. La coupe beldi – large et normale–, malgré les nouvelles tendances, a toujours ses fans. Le caftan fait pour cacher les formes féminines n’existe plus. Désormais, les décolletés se serrent les coudes avec les fentes et le corps apprivoise de si près l’étoffe qui l’enveloppe. Après la coupe, arrive la couture avec le « Barchman » par exemple. Les fils d’or ou de soie garnissent le caftan selon le motif choisi et les couleurs se prêtent parfaitement au jeu.
A l’ancienne médina, on trouve encore des enfants aidant les petits couturiers à arranger les fils de soie. Cette pratique qui date de plusieurs années implique les petits dans le métier depuis leur jeune âge et leur permet de se débrouiller quelques sous. Le couturier travaille donc minutieusement son produit, se soigne, s’implique et tâche à être à la hauteur des attentes de sa cliente. Autrefois, la femme qui allait s’offrir un caftan allait chaque semaine chez le couturier pour voir où il en est. Le suspense que l’attente lui procurait opérait un charme particulier. Enfin, elle prend son nouvel habit et l’emmène chez elle comme un invité qui allait élire domicile dans son armoire. Pour le porter après avec, comme bonus purement traditionnel, des bijoux qui alimenteront davantage le résultat final si somptueux. Le plaisir est encore partagé quand on fait part de notre culture grâce à cet incontestable signe. Le caftan marocain est omniprésent dans le monde entier, il signe des succès fous dans les meilleurs défilés et il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin…
Messieurs ! Retenez-vous…
6000 DH jusqu’à 150000 DH, c’est le prix d’un caftan dessiné par un styliste connu. Tout dépend de la coupe, de la couture et de la broderie. Il y a des clientes qui se payent seulement la coupe chez un bon créateur. Les frais des dépenses sont justement assez chers pour se permettre de payer une petite fortune. Les avant-gardistes de la mode sont celles qui dépensent plus les quelques bagatelles d’argent. En effet, elles choisissent de nouveaux modèles qui font partie après des nouvelles tendances. Calmez-vous mesdames ! Celles qui n’ont pas assez de moyens se contentent, quant à elles, de faire des caftans chez de simples couturières avec des prix variant entre 1000 DH et 2000 DH. Vous êtes sauvées…
Source : Gazette du Maroc – Noura Mounib
Que ce soit dans la rue, dans le bureau ou en soirée, on n’hésite pas à arborer un sac bleu électrique, noir vernis, vert bouteille pourvu d’une chaîne en guise de bandoulière, déclenchant ainsi des pulsions compulsives auprès des fashionistas présentes…
Il faut dire que la chaînette (qui fut un temps exclue des must have en matière de maroquinerie à cause de sa forte propension aux divagations bling-bling) fait son grand retour dès cet été et régnera sur les podiums mondiaux encore lors de la rentrée prochaine. Elle s’inscrit désormais dans le champ lexical nineties, qui devient de plus en plus prononcé au fil des semaines.
Du coup, celles qui verront dans ces larges maillons de laiton, d’argent ou d’or, le style de Madonna lors de sa tournée « Blond Ambition Tour » de 1990, seront dans le vrai. Que ce soit la Madone ou Julia Roberts dans Pretty Woman, toutes plébiscitèrent à cette époque le sac à anse en chaîne, qui était alors le summum de chic et du style… Seulement voilà, le look « années 90″ n’est pas celui dont nous aimons nous repaître.
Trop proches (et donc encore chargé de rancœurs adolescentes), les larges carrures, permanentes peroxydées et autres coupes graphiques ont du mal à trouver grâce pour nos yeux. Cependant, les stylistes n’ont cure de nos petits états d’âme: perchés dans leur tour d’ivoire, où d’un coup de podium tout devient possible, ces derniers se sont pris à ériger cette période peu glorieuse en source d’inspiration. Néanmoins, connaissant fort bien le processus d’appropriation d’une tendance, ils ont dans un premier temps mis l’accent sur les accessoires, afin
de nous familiariser avec diplomatie à un retour aux nineties s’annonçant comme inéluctables.
C’est ainsi que les griffes les plus en vue ont intégré à leurs lignes de sacs des modèles où les chaînons ont remplacé les lanières de cuir. Pour Gucci et Anna Sui, ce sont les pochettes mini-size qui s’accessoirisent d’une longue chaînette. Celle-ci peut alors s’entrelacer autour du poignet, dégouliner le long d’une épaule ou se balancer au bout de la main. Délicatement gothique ou élégamment dark bohême, la chaînette y perd sa connotation vulgaire au profit d’une nouvelle identité, entre raffinement et transgression.
Il en va tout autrement chez Donatella Versace, qui se plait à pousser à son comble la parodie de la femme vénale très dynastie (ou Santa Barbara). Son modèle de sac reflète ainsi à lui seul tout ce qui nous fit détester les nineties, à savoir le clinquant, l’outrancier et la dorure nouveau riche. On évite donc à tout prix cette redite du passé qui, en dépit d’être tendance cet hiver, reste à l’opposé des critères de l’élégance.
Si néanmoins la chaîne vous fait de l’œil, et que vous désirez vous fondre dans la tendance maelstrom du futur proche, le modèle Prada est celui qui vous permettra de conjuguer votre côté « femme des années 80″ au présent. L’épure de son cuir, la monochromie du modèle et la justesse minimaliste de l’ensemble nous réconcilieraient presque avec le sujet…
Collège LaSalle International organise, le 19 juin à Casablanca, la 19ème édition de Révélations, le défilé des finissants en stylisme modélisme.
Le défilé de mode, « Révélations », organisé régulièrement chaque année au mois de juin est justement une des occasions pour révéler de nouveaux talents.
Depuis sa création en juin 1990, cet événement annuel permet aux étudiants de présenter leurs modèles, de montrer leur savoir faire en matière de mode et de communiquer avec les industriels du secteur du Textile-habillement.
Au programme cette année, une quizaine de tableaux ; une centaine de modèles et tout un spectacle où beauté rime avec créativité, grâce avec finesse.
Des thèmes de mode traditionnelle marocaine revisitée vont se retrouver avec des créations de mode moderne qui n’ont rien à envier aux conceptions des grands couturiers internationaux.
La 18ème édition s’est caractérisée notamment par la présence du grand styliste de Haute couture français, Dominique Sirop, qui émerveillé par le talent des jeunes stylistes marocains, suite à sa participation aux deux éditions de Caftan, M. Sirop a décidé d’aider les jeunes talents marocains en les présentant au public et médias français en septembre 2007.
Reste à signaler que Collège LaSalle Internationa, depuis son implantation en 1989 à Casablanca et Rabat, a formé de très nombreux stylistes dont certains sont aujourd’hui renommés et reconnus même ailleurs qu’au Maroc: Ait mahdi Lahoucine, Albert Oiaknine , Samira Haddouchi ,Zahra Yagoubi,Zineb Souissi,…pour ne citer que ceux-là.
Houria Ben Moussa