Le manque de manuels scolaires, de ressources humaines et de mesures de suivi entravent encore le projet de généralisation.
Les amazighs du Maroc n’oublieront jamais la date de septembre 2003. Cette date commémore, en effet, une rentrée scolaire pas comme les autres, une rentrée aux couleurs de la langue amazighe. La décision d’introduire cette langue dans le système d’enseignement marocain a été qualifiée d’«historique» à l’époque.
La jubilation était alors générale parmi la communauté amazighe qui prédisait de beaux jours pour le Tamazight au Maroc.
Au fil des années, cet optimisme perdait progressivement de l’ampleur et le désenchantement s’est petit à petit installé. Et pour cause, il semble, de l’avis de plusieurs activistes amazighs, que l’Etat n’a pas pris trop au sérieux le «défi» de mettre la langue amazighe dans la place qui lui revient dans le paysage éducatif marocain.
Si le principe en soi fait l’unanimité, les mesures de contrôle, de suivi et même de sanction font toujours défaut. Encore de nos jours, rien n’astreint les enseignants à dispenser des cours d’amazigh, ni les élèves à y assister. Du coup, l’anarchie totale règne en cette matière, et ce au mépris du «curriculum de l’enseignement de la langue amazighe» (Al Minhaj). Ce curriculum élaboré en 2003 par le ministère de l’Education nationale en concertation avec l’Institut Royal de la culture Amazighe fixe les modalités de l’intégration de l’amazigh dans le cursus scolaire des élèves marocains.
Quatre principes cardinaux transcendent ce «guide» de l’enseignement de la langue amazighe. De prime abord, il s’agit de généraliser l’enseignement de cette langue à tous les établissements scolaires du Maroc. Ensuite, cet enseignement doit se faire à titre obligatoire et non pas optionnel. C’est là, à vrai dire, un acquis de taille dans la mesure où la charte de l’Education stipule que l’amazigh ne sera enseigné qu’«à titre d’accompagnement». Finalement, les deux derniers principes veulent que la langue amazighe enseignée dans les écoles soit «standardisée» et que le «Tifinagh» soit retenu comme caractère officiel d’écriture de l’amazigh.
Cela dit, ces principes plébiscités par les autorités politiques demeurent une pure utopie, et il en va tout autrement sur le terrain. L’état des lieux, à vrai dire, est peu réjouissant. «La langue amazighe est aujourd’hui enseignée dans seulement 7% des établissements scolaires marocains», déplore Ahmed Assid, de l’Observatoire Amazigh des droits et des libertés, un organisme qui place la promotion de l’enseignement de l’amazigh au cœur de ses préoccupations.
A ce rythme là, le projet (trop) ambitieux de généralisation d’ici à 2012 part en fumée. Abordant les causes de cette tergiversation, M. Assid ne mâche pas ses mots : «sur le papier, tout est parfait, bien élaboré. Mais c’est du côté du suivi et de l’application que le bât blesse. A titre d’exemple, le cours d’amazigh doit se faire à raison de 3 heures par semaine. Or, pour ce qui est de la pratique, on rogne souvent sur ces heures pour faire d’autres cours. Aussi, les sessions de formation à l’amazigh ne se font pas à large échelle. Sur l’ensemble de 16 académies régionales, 7 seulement dispensent ces formations», clame-t-il.
Et d’ajouter que les académies ne prennent pas au sérieux la question de l’intégration de l’amazigh dans le cursus scolaire des élèves. «Les circulaires du ministère de l’Education nationale en la matière sont tout bonnement ignorées. Je trouve que cela revient au fait qu’on continue à percevoir l’enseignement de la langue amazighe comme quelque chose de facultatif, de superflu, alors qu’il s’agit bel et bien d’une langue nationale qui doit occuper la place qu’elle mérite dans le système éducatif», précise M. Assid.
Si ce dernier dénonce le laisser-aller dans les académies régionales qui fait que l’enseignement de l’amazigh reste encore à son stade embryonnaire, les professionnels, eux, mettent en cause d’autres facteurs objectifs. M. Ouadich, inspecteur de la langue amazighe au niveau de la région de Rabat-Salé-Zemmour Zaër souligne deux carences substantielles qui retardent le projet de généralisation. «Les manuels de l’amazigh à l’usage des enseignants et des élèves sont une denrée rare dans les librairies marocaines. Les enseignants bien formés ne sont pas, non plus, disponibles. Et même quand il y en a quelques-uns, ils ne sont pas souvent spécialisés.
Il arrive fréquemment qu’on sollicite le professeur d’amazigh pour faire le cours à la place d’un professeur d’arabe, de français ou de mathématiques qui s’est absenté pour une raison ou une autre. Cette situation ne doit pas durer. Il faut que l’enseignant de l’amazigh se consacre corps et âme à sa matière et qu’il en ait la charge exclusive», considère M. Ouadich, et de rappeler que l’AREF de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër a été pionnière en matière d’institution de cette spécialisation, ainsi qu’en matière d’extension de la base d’enseignement de la langue amazighe dans ses écoles. «Actuellement, ce sont près de 17.000 élèves appartenant à 155 établissements scolaires de la région qui étudient le Tamazight. Toujours au niveau de la région, on dénombre quelque 153 enseignants de cette langue. Chaque année, l’académie forme un contingent d’enseignants dans la perspective de la généralisation de l’enseignement de l’amazigh à tous les établissements de la région», renseigne M. Ouidach.
Décidément, ce n’est pas la bonne volonté qui manque pour instituer la langue amazighe comme une matière à part entière dans les programmes scolaires marocains. Mais au-delà de la bonne volonté, il faut fournir les manuels, former les enseignants qu’il faut et activer des mesures drastiques de suivi du processus d’intégration. Autrement, les promesses de promotion de l’enseignement de la langue amazighe resteraient de simples déclarations de bonne intention.
Plusieurs parents ne voient pas la généralisation de l’enseignement de l’amazigh d’un bon œil. Abdellah, père d’un élève en 1re année du collège, y voit un fardeau de plus pour son fils qui fait déjà des pieds et des mains pour manier les autres langues au programme. Ahmed Assid, de l’Observatoire amazigh des droits et des libertés est d’un autre avis. «L’amazigh n’est pas une langue étrangère, c’est une langue nationale». Pour lui, le blocage en matière d’enseignement des langues n’est pas dû à ces langues en elles-mêmes, mais plutôt aux modes de fonctionnement du système éducatif marocain. «Si l’enseignement des langues dans notre pays est dans l’impasse, c’est bien à cause de certaines failles du système éducatif marocain, notamment le manque d’outils de travail et d’infrastructure nécessaire. Pour preuve, les élèves des années 60 et 70 n’éprouvaient aucune difficulté à maîtriser l’arabe, le français, l’anglais…Cela montre que le problème ne se situe pas du côté des langues elles-mêmes», soutient-il.
LE MATIN
Des établissements pilotes, gérés par la Fondation marocaine pour la promotion de l’enseignement préscolaire, sont prêts à accueillir les premiers enfants.
Bien que l’année scolaire actuelle ne soit pas encore terminée, les préparatifs pour la saison prochaine ont déjà démarré. Ainsi, 17 nouvelles écoles destinées à accueillir des enfants âgés de 4 à 6 ans ont été ouvertes dans différentes villes du Royaume notamment Rabat, Casablanca, El Jadida, Settat, Marrakech, Agadir, Laâyoune, Sala Al Jadida, Fès, Meknès, Larache, Tanger, Oujda, Al Hoceima et Tetouan.
Ces établissements mis en place dans le cadre de l’initiative nationale pour la généralisation du préscolaire sont gérés par la Fondation marocaine pour la promotion de l’enseignement préscolaire (FMPS). Les nouvelles écoles constituent une première étape d’un projet visant la création à l’horizon 2012 d’une centaine d’écoles préscolaires à travers le Royaume pour accueillir plus de 9.000 enfants de 4 à 6 ans dans le but de promouvoir une éducation préscolaire normée et de qualité.
Car pendant de longues années, l’enseignement préscolaire était (et il l’est toujours) considéré comme le talon d’Achille dans le système éducatif marocain. Bien qu’il soit un droit fondamental pour tous les bambins, le préscolaire est en quelque sorte un luxe que seules les familles des classes aisées et moyennes peuvent offrir à leurs petits. Faute de moyens financiers, de nombreuses familles n’inscrivent pas leurs enfants en maternelle. C’est ainsi que beaucoup d’élèves arrivent dans les établissements de l’enseignement primaire sans être capables de distinguer entre les alphabets, les chiffres ou même les couleurs. «Souvent, nous nous retrouvons avec différents niveaux dans une même classe. Certains enfants qui transitent par le préscolaire ont toujours un niveau plus élevé que d’autres petits qui arrivent à l’école pour la première fois», explique une institutrice dans une école primaire publique.
Rupture
Avec l’avènement de la Charte nationale sur l’éducation, le besoin de mettre en place un système d’enseignement préscolaire s’est fait sentir. Dans ce sens, le Conseil supérieur de l’enseignement, une étude concernant la généralisation du préscolaire au Maroc, avait réalisée en 2007, pour décortiquer la problématique et prendre connaissance des différentes solutions possibles. Par la suite, le MEN (ministère de l’Education nationale), le ministère de l’Intérieur et la Fondation Mohammed VI de promotion des œuvres sociales de l’Education-Formation se sont joints pour mettre en commun leurs efforts pour amorcer le développement de ce nouveau système préscolaire national. L’objectif est de généraliser à terme l’accès à une éducation préscolaire nationale normée et de qualité.
D’où l’intérêt de l’initiative nationale pour la généralisation du préscolaire qui a pour partenaires stratégiques le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur de la Recherche scientifique et de la Formation des cadres, le ministère de l’Intérieur et la Fondation Mohammed VI de promotion des oeuvres sociales de l’Education-Formation. Selon les responsables, la vision pédagogique adoptée dans ces écoles pilotes est axée sur l’enfant. Basée sur une approche ludique, la démarche pédagogique s’appuie sur une progression différenciée. S’appuyant sur le référentiel de compétences, elle est centrée sur cinq domaines d’apprentissage, d’éducation et d’éveil. La finalité des programmes dispensés est de stimuler la curiosité et de la créativité de l’enfant, le développement de son sens de l’exploration, l’enrichissement des connaissances générales et du vocabulaire. Elle intègre également l’utilisation de la psychomotricité et la découverte du corps, l’apprentissage des valeurs citoyennes et religieuses, des règles de santé et d’hygiène.
Pour mettre en œuvre cette vision pédagogique, les responsables de la FMPS affirment qu’un staff éducatif qualifié est opérationnel. Les éducatrices et éducateurs, titulaires de diplômes supérieurs, ont dans ce sens bénéficié d’une formation qualifiante spécialisée en préscolaire. Il s’agit d’une formation étalée sur une année qui a pour finalité de doter le staff des compétences nécessaires dans les domaines, pour être capable de mener une action éducative de qualité, d’animer des activités d’éducation, d’apprentissage et d’éveil adéquates avec les spécificités des jeunes enfants.
La FMPS, Fondation marocaine pour la promotion de l’enseignement préscolaire, est une association à but non lucratif, créée le 10 mars 2008. Sa mission est de promouvoir l’enseignement préscolaire (4-6 ans) afin de donner à l’enfant dès son jeune âge les bases nécessaires qui l’aideront à avoir un cheminement scolaire de qualité. Il faut dire que la Charte nationale d’éducation et de formation a fait de la généralisation de l’enseignement préscolaire un espace de rénovation majeur du système éducatif national. Le rôle crucial de l’éducation préscolaire est aujourd’hui avéré : développement de la personnalité de l’enfant et de ses capacités cognitives, initiation précoce aux valeurs civiques fondamentales, réduction de l’échec scolaire ultérieur, instrument pour la généralisation de l’enseignement fondamental et réduction des inégalités des chances.
Dans le contexte actuel marqué par l’instabilité du secteur de l’enseignement supérieur et du marché de l’emploi, la question de l’orientation scolaire revêt toute son importance. D’une année à l’autre, la donne change en matière d’offres et de demandes, et c’est la capacité des établissements scolaires à mettre l’élève au fait de ces changements qui est en question.
Il est bien révolu le temps où l’institution scolaire se contentait de former et d’apporter des éléments de savoir au mépris de la réalité socio-économique et des contraintes de la période post-école. Aujourd’hui, l’on est plus que jamais conscients de l’impératif de mettre l’école au diapason avec les changements qui s’opèrent extra muros et de jeter les passerelles de communication et de collaboration entre l’institution scolaire et son environnement. C’est, en effet, le propre de l’orientation scolaire.
Y a-t-il suffisamment de conseillers en orientation au Maroc ? C’est la question élémentaire à poser. A l’échelle nationale, ces professionnels d’orientation sont une denrée rare. La région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër ne déroge pas à cette règle, selon Hassan El Hani, chef de la division de la Carte scolaire d’information et d’orientation à l’Académie régionale d’Education et de Formation de Rabat-Salé- Zemmour-Zaër.
«En tout, les 216 établissements scolaires publics de la région comptent quelque 92 conseillers en orientation, ce qui correspond à peu près à deux écoles par conseiller», précise M. El Hani. Cela donne lieu à un faible taux d’encadrement, sachant qu’en moyenne, un établissement scolaire accueille près de 2.500 élèves.
Cette situation est appelée à s’améliorer dans les années à venir, rassure M. El Hani. «Doter chaque établissement scolaire d’un conseiller en orientation est l’objectif visé à court terme», affirme ce responsable. Concrètement, le plan d’urgence de l’éducation nationale 2009-2012 prévoit de porter l’effectif des conseillers en orientation au niveau national de 804 à 1804 à l’horizon 2012. A la même échéance, le nombre moyen d’élèves par conseiller devra diminuer sensiblement pour passer de 2.621 à 1.517. Le tout s’insère dans un projet global de refonte du système d’information et d’aide à l’orientation qui a été d’ores et déjà amorcé par le ministère de tutelle. En attendant que ce projet porte ses fruits, ce sont les élèves de l’enseignement secondaire qui pâtissent en premier lieu des défaillances de l’actuel système d’orientation. A évoquer la question de l’orientation, Nabila, élève dans un lycée à Rabat ne cache pas son insatisfaction : «C’est la misère », martèle Nabila avant de s’expliquer : «notre conseillère en orientation est souvent indisponible et son bureau est fermé la plupart du temps. Figurez-vous que, depuis le début de cette année scolaire, on n’a eu droit qu’à une seule séance d’orientation. Ce n’est que vers la fin de l’année que les choses bougent quelque peu ».
Le constat de Nabila touche, en effet, la corde sensible. C’est que, dans bon nombre d’établissements marocains, l’orientation scolaire est en passe de devenir une pratique saisonnière liée à une période bien précise de l’année, normalement celle qui marque le passage de l’élève d’un niveau à un autre. Ordinairement, ce sont les élèves des classes terminales (3e année du collège et 2e année du baccalauréat) qui sont dans le collimateur des conseillers en orientation. Cet état de fait est contradictoire avec l’essence même de l’orientation scolaire, définie comme un long processus de maturation ayant pour finalité d’aider l’élève à construire son propre projet personnel d’études et, par la suite, d’emploi.
« Le rôle de l’orientation scolaire ne se réduit pas à fournir des éléments d’information sur les études et les métiers. Au-delà, cette action pédagogique a une dimension psychologique qui consiste à aider l’élève à mieux se connaître et à développer un savoir-faire lui permettant de porter des choix estudiantins et professionnels bien fondés et d’élaborer sciemment son projet d’avenir», affirme Houda Hajib El Bouâamri, conseillère en orientation.
Certes, la mise sur pied d’un tel projet nécessite l’investissement de l’élève et du conseiller en orientation dès les premières années de l’enseignement collégial. Le plan d’urgence de l’éducation nationale pour 2009-2012 n’a pas perdu de vue cet impératif.
Selon ses dispositions, l’orientation scolaire des élèves va s’opérer dorénavant à partir de la première année du collège à travers l’animation de séances d’information et d’aide à l’orientation.
Si elle arrive à être appliquée systématiquement dans tous les établissements scolaires, cette mesure doit marquer une rupture avec la pratique courante qui tend à faire de l’orientation scolaire un travail de dernière minute. A côté de la durabilité du travail d’orientation, la question de la qualité se pose avec acuité. Il s’agit de savoir dans quelle mesure l’information, véhiculée par les conseillers en orientation, reflète-t-elle les changements dans le paysage de l’enseignement supérieur et du marché de l’emploi. En d’autres termes, les conseillers en orientation sont-ils à jour dans ces deux domaines ? Inspirée de son cas personnel, Dounia, une autre élève en tronc commun dit un non catégorique.
« On nous répète les mêmes informations d’une séance à l’autre, il n’y a pas du nouveau. On n’apprend rien sur les nouvelles écoles qui présentent de bons débouchés, ce qui fait que les horizons restent très limités pour nous», assure cette jeune étudiante et de conclure que «personnellement, je ne me considère pas encore en mesure de trancher dans mon avenir estudiantin, car je suis tout simplement mal orientée ». Dans cet état de fait, il ne faut pas faire peser le blâme sur le conseiller en orientation, laisse entendre M. El Hani. « Pour avoir un conseiller en orientation éclairé et bien averti, il est indispensable de mettre à sa disposition tous les outils de travail nécessaires, depuis le téléphone et l’Internet jusqu’aux moyens de transport lui permettant de se rendre aux locaux des établissements de l’enseignement supérieur et des entreprises pour se renseigner sur leurs offres. A mon sens, c’est là où le bât blesse», fait-il remarquer. Chercher les nouveautés en matière d’offres d’études et d’emploi est une tâche qui incombe en premier lieu à l’élève lui-même qui est le pivot de toute action d’orientation. C’est ce qu’indique Bochaib Lemghari, inspecteur et coordonnateur régional en orientation scolaire. «Il est temps de sortir du modèle selon lequel l’élève reçoit passivement l’information véhiculée par le conseiller en orientation. Désormais, c’est à l’élève de prendre l’initiative, d’aller à la recherche de l’information et de porter la responsabilité de son projet personnel», affirme ce professionnel d’orientation et homme de terrain. Dans cet esprit, il fait savoir qu’en application du plan d’urgence 2009-2012, des visites et des stages seront organisés régulièrement aux entreprises de la région au profit des élèves les plus brillants de l’enseignement collégial. Objectif déclaré : les initier au monde du travail et les mettre au courant des nouveautés en ce qui concerne les exigences du marché, les secteurs employeurs et les profils recherchés.
Somme toute, l’orientation scolaire dans la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër bénéficie actuellement d’une dynamique qui ne se démentit pas. En atteste la multiplication des forums de l’étudiant qui représentent un espace privilégié d’interaction entre les élèves et les établissements de l’enseignement supérieur. Il en va de même pour les campagnes d’orientation (Kafilat Attaoujih) menées dans les collèges et les lycées et les journées portes ouvertes organisées au sein des universités et écoles supérieures. Des initiatives salutaires certes, mais qui gagneraient à être généralisées à tous les établissements scolaires de la région.
L’orientation scolaire a tenu sa grand-messe à Rabat en février précédent. La 14e édition des journées d’orientation scolaire et universitaire a été organisée à l’initiative de l’hebdomadaire spécialisé dans les questions éducatives et pédagogiques « Orientation Carrefour » en collaboration avec l’Académie régionale d’Education et de Formation de Rabat-Salé-Zemmour- Zaër. 30.000 étudiants de l’enseignement public et privé, tous cycles confondus, ont pris part à ce grand rendez-vous d’orientation qui a rassemblé un large éventail d’institutions de l’enseignement supérieur et un parterre de cadres pédagogiques et de conseillers en orientation. Selon Mustapha El Fayeq, directeur de publication de l’hebdomadaire «Orientation Carrefour » et président du comité d’organisation de cette édition, les journées d’orientation sont organisées dans toutes les régions du Maroc et visent à établir le contact entre les élèves et les étudiants et les acteurs dans les domaines d’éducation, de formation et d’emploi, à travers les réunions individuelles et les tables rondes organisées en marge de cette manifestation.
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Questions à: Hassan El Hani • Chef de la division de la carte scolaire d’information et d’orientation à l’AREF de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër.
• Les services d’orientation scolaire ne sont pas généralisés à tous les établissements scolaires de la région. Pourquoi ?
D’abord, il faut savoir que le système d’information et d’aide à l’orientation implique plusieurs instances. Au niveau de l’Académie, c’est le Centre de Consultation et d’Orientation qui regroupe l’ensemble des conseillers en orientation de la région et qui se charge de coordonner les actions dans ce domaine. Il y a aussi le Centre d’Orientation de l’Etudiant fusionné récemment avec notre Académie. Viennent ensuite les établissements scolaires qui disposent en moyenne d’un conseiller pour deux à trois établissements. Il en résulte malheureusement un taux d’encadrement faible, eu égard surtout à la surpopulation que connaît bon nombre de collèges et lycées où le nombre des élèves peut arriver jusqu’à 2.500. Mais je peux vous assurer que cette situation ne va pas perdurer. L’orientation générale fixée par le plan d’action de l’éducation nationale 2009-2012 est de doter chaque établissement scolaire d’un conseiller en orientation.
• Quelles sont les autres mesures prévues par le plan d’action pour sortir l’orientation scolaire de l’impasse ?
Le plan d’action 2009-2012 engage un projet de refonte du système d’Information et d’Orientation scolaire. Parmi les grands traits de ce projet, je souligne la création d’un guichet unique d’orientation mis à la disposition de l’élève au niveau de chaque région. Ce guichet unique a le mérite de réunir tous les intervenants en matière d’orientation et d’éviter à l’élève la déperdition entre plusieurs instances spécialisées. Il va être procédé en vertu du même plan d’urgence à l’organisation de visites de terrain et de stages à l’intention des élèves brillants de l’enseignement collégial, sanctionnés par des rapports de stage. Il est bien révolu le temps où l’institution scolaire se contentait de former et d’apporter des éléments de savoir au mépris de la réalité socio-économique et des contraintes de la période post-école. Aujourd’hui, l’on est plus que jamais conscients de l’impératif de mettre l’école au diapason avec les changements qui s’opèrent extra muros et de jeter les passerelles de communication et de collaboration entre l’institution scolaire et son environnement. C’est, en effet, le propre de l’orientation scolaire.
Y a-t-il suffisamment de conseillers en orientation au Maroc ? C’est la question élémentaire à poser. A l’échelle nationale, ces professionnels d’orientation sont une denrée rare. La région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër ne déroge pas à cette règle, selon Hassan El Hani, chef de la division de la Carte scolaire d’information et d’orientation à l’Académie régionale d’Education et de Formation de Rabat-Salé- Zemmour-Zaër.
«En tout, les 216 établissements scolaires publics de la région comptent quelque 92 conseillers en orientation, ce qui correspond à peu près à deux écoles par conseiller», précise M. El Hani. Cela donne lieu à un faible taux d’encadrement, sachant qu’en moyenne, un établissement scolaire accueille près de 2.500 élèves.
Cette situation est appelée à s’améliorer dans les années à venir, rassure M. El Hani. «Doter chaque établissement scolaire d’un conseiller en orientation est l’objectif visé à court terme», affirme ce responsable. Concrètement, le plan d’urgence de l’éducation nationale 2009-2012 prévoit de porter l’effectif des conseillers en orientation au niveau national de 804 à 1804 à l’horizon 2012. A la même échéance, le nombre moyen d’élèves par conseiller devra diminuer sensiblement pour passer de 2.621 à 1.517. Le tout s’insère dans un projet global de refonte du système d’information et d’aide à l’orientation qui a été d’ores et déjà amorcé par le ministère de tutelle. En attendant que ce projet porte ses fruits, ce sont les élèves de l’enseignement secondaire qui pâtissent en premier lieu des défaillances de l’actuel système d’orientation. A évoquer la question de l’orientation, Nabila, élève dans un lycée à Rabat ne cache pas son insatisfaction : «C’est la misère », martèle Nabila avant de s’expliquer : «notre conseillère en orientation est souvent indisponible et son bureau est fermé la plupart du temps. Figurez-vous que, depuis le début de cette année scolaire, on n’a eu droit qu’à une seule séance d’orientation. Ce n’est que vers la fin de l’année que les choses bougent quelque peu ».
Le constat de Nabila touche, en effet, la corde sensible. C’est que, dans bon nombre d’établissements marocains, l’orientation scolaire est en passe de devenir une pratique saisonnière liée à une période bien précise de l’année, normalement celle qui marque le passage de l’élève d’un niveau à un autre. Ordinairement, ce sont les élèves des classes terminales (3e année du collège et 2e année du baccalauréat) qui sont dans le collimateur des conseillers en orientation. Cet état de fait est contradictoire avec l’essence même de l’orientation scolaire, définie comme un long processus de maturation ayant pour finalité d’aider l’élève à construire son propre projet personnel d’études et, par la suite, d’emploi.
« Le rôle de l’orientation scolaire ne se réduit pas à fournir des éléments d’information sur les études et les métiers. Au-delà, cette action pédagogique a une dimension psychologique qui consiste à aider l’élève à mieux se connaître et à développer un savoir-faire lui permettant de porter des choix estudiantins et professionnels bien fondés et d’élaborer sciemment son projet d’avenir», affirme Houda Hajib El Bouâamri, conseillère en orientation.
Certes, la mise sur pied d’un tel projet nécessite l’investissement de l’élève et du conseiller en orientation dès les premières années de l’enseignement collégial. Le plan d’urgence de l’éducation nationale pour 2009-2012 n’a pas perdu de vue cet impératif.
Selon ses dispositions, l’orientation scolaire des élèves va s’opérer dorénavant à partir de la première année du collège à travers l’animation de séances d’information et d’aide à l’orientation.
Si elle arrive à être appliquée systématiquement dans tous les établissements scolaires, cette mesure doit marquer une rupture avec la pratique courante qui tend à faire de l’orientation scolaire un travail de dernière minute. A côté de la durabilité du travail d’orientation, la question de la qualité se pose avec acuité. Il s’agit de savoir dans quelle mesure l’information, véhiculée par les conseillers en orientation, reflète-t-elle les changements dans le paysage de l’enseignement supérieur et du marché de l’emploi. En d’autres termes, les conseillers en orientation sont-ils à jour dans ces deux domaines ? Inspirée de son cas personnel, Dounia, une autre élève en tronc commun dit un non catégorique.
« On nous répète les mêmes informations d’une séance à l’autre, il n’y a pas du nouveau. On n’apprend rien sur les nouvelles écoles qui présentent de bons débouchés, ce qui fait que les horizons restent très limités pour nous», assure cette jeune étudiante et de conclure que «personnellement, je ne me considère pas encore en mesure de trancher dans mon avenir estudiantin, car je suis tout simplement mal orientée ». Dans cet état de fait, il ne faut pas faire peser le blâme sur le conseiller en orientation, laisse entendre M. El Hani. « Pour avoir un conseiller en orientation éclairé et bien averti, il est indispensable de mettre à sa disposition tous les outils de travail nécessaires, depuis le téléphone et l’Internet jusqu’aux moyens de transport lui permettant de se rendre aux locaux des établissements de l’enseignement supérieur et des entreprises pour se renseigner sur leurs offres. A mon sens, c’est là où le bât blesse», fait-il remarquer. Chercher les nouveautés en matière d’offres d’études et d’emploi est une tâche qui incombe en premier lieu à l’élève lui-même qui est le pivot de toute action d’orientation. C’est ce qu’indique Bochaib Lemghari, inspecteur et coordonnateur régional en orientation scolaire. «Il est temps de sortir du modèle selon lequel l’élève reçoit passivement l’information véhiculée par le conseiller en orientation. Désormais, c’est à l’élève de prendre l’initiative, d’aller à la recherche de l’information et de porter la responsabilité de son projet personnel», affirme ce professionnel d’orientation et homme de terrain. Dans cet esprit, il fait savoir qu’en application du plan d’urgence 2009-2012, des visites et des stages seront organisés régulièrement aux entreprises de la région au profit des élèves les plus brillants de l’enseignement collégial. Objectif déclaré : les initier au monde du travail et les mettre au courant des nouveautés en ce qui concerne les exigences du marché, les secteurs employeurs et les profils recherchés.
Somme toute, l’orientation scolaire dans la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër bénéficie actuellement d’une dynamique qui ne se démentit pas. En atteste la multiplication des forums de l’étudiant qui représentent un espace privilégié d’interaction entre les élèves et les établissements de l’enseignement supérieur. Il en va de même pour les campagnes d’orientation (Kafilat Attaoujih) menées dans les collèges et les lycées et les journées portes ouvertes organisées au sein des universités et écoles supérieures. Des initiatives salutaires certes, mais qui gagneraient à être généralisées à tous les établissements scolaires de la région.
L’orientation scolaire a tenu sa grand-messe à Rabat en février précédent. La 14e édition des journées d’orientation scolaire et universitaire a été organisée à l’initiative de l’hebdomadaire spécialisé dans les questions éducatives et pédagogiques « Orientation Carrefour » en collaboration avec l’Académie régionale d’Education et de Formation de Rabat-Salé-Zemmour- Zaër. 30.000 étudiants de l’enseignement public et privé, tous cycles confondus, ont pris part à ce grand rendez-vous d’orientation qui a rassemblé un large éventail d’institutions de l’enseignement supérieur et un parterre de cadres pédagogiques et de conseillers en orientation. Selon Mustapha El Fayeq, directeur de publication de l’hebdomadaire «Orientation Carrefour » et président du comité d’organisation de cette édition, les journées d’orientation sont organisées dans toutes les régions du Maroc et visent à établir le contact entre les élèves et les étudiants et les acteurs dans les domaines d’éducation, de formation et d’emploi, à travers les réunions individuelles et les tables rondes organisées en marge de cette manifestation.
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Questions à: Hassan El Hani • Chef de la division de la carte scolaire d’information et d’orientation à l’AREF de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër.
• Les services d’orientation scolaire ne sont pas généralisés à tous les établissements scolaires de la région. Pourquoi ?
D’abord, il faut savoir que le système d’information et d’aide à l’orientation implique plusieurs instances. Au niveau de l’Académie, c’est le Centre de Consultation et d’Orientation qui regroupe l’ensemble des conseillers en orientation de la région et qui se charge de coordonner les actions dans ce domaine. Il y a aussi le Centre d’Orientation de l’Etudiant fusionné récemment avec notre Académie. Viennent ensuite les établissements scolaires qui disposent en moyenne d’un conseiller pour deux à trois établissements. Il en résulte malheureusement un taux d’encadrement faible, eu égard surtout à la surpopulation que connaît bon nombre de collèges et lycées où le nombre des élèves peut arriver jusqu’à 2.500. Mais je peux vous assurer que cette situation ne va pas perdurer. L’orientation générale fixée par le plan d’action de l’éducation nationale 2009-2012 est de doter chaque établissement scolaire d’un conseiller en orientation.
• Quelles sont les autres mesures prévues par le plan d’action pour sortir l’orientation scolaire de l’impasse ?
Le plan d’action 2009-2012 engage un projet de refonte du système d’Information et d’Orientation scolaire. Parmi les grands traits de ce projet, je souligne la création d’un guichet unique d’orientation mis à la disposition de l’élève au niveau de chaque région. Ce guichet unique a le mérite de réunir tous les intervenants en matière d’orientation et d’éviter à l’élève la déperdition entre plusieurs instances spécialisées. Il va être procédé en vertu du même plan d’urgence à l’organisation de visites de terrain et de stages à l’intention des élèves brillants de l’enseignement collégial, sanctionnés par des rapports de stage.
lematin.ma