Défilés: yin et yang chez Stella McCartney, constructivisme chez Guy Laroche

Stella McCartney propose de jouer les contrastes masculin-féminin l’hiver prochain, tandis que Guy Laroche opte pour une féminité plus affirmée et sexy, selon les collections de prêt-à-porter féminin présentées lundi par la créatrice anglaise et la maison de couture française

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Plusieurs centaines de personnes rassemblées au Carreau du Temple, un ancien marché du IIIe arrondissement, ont applaudi avec enthousiasme le défilé de Stella McCartney qui avait débuté avec plus de 40 minutes de retard. La faute à papa, l’ex-Beatle Paul McCartney – costume gris clair et cravate rayée -, arrivé en courant mais en retard, et aussitôt assailli par une nuée de photographes.

La collection, que son père admiratif n’a cessé de photographier avec son téléphone portable, mêle un aspect « romantique et quelque chose de plus dur », explique la créatrice. « Toute femme a deux faces: yin et yang, homme et femme ».

Cette dualité se traduit en longues vestes masculines dont le revers s’allonge jusqu’à l’ourlet, portées sur une jupe ou une robe en dentelle. Des blouses en satin ou transparentes se glissent dans des pantalons d’esprit masculin.

Ardente défenseure des droits des animaux, Stella McCartney exclut l’usage de peaux et de fourrure dans ses collections. Elle propose à la place des manteaux en bouclettes de laine, volumineux comme des manteaux de fourrure, ou, pour le soir, un boléro « hérisson » noir brillant dans une matière synthétique.

A l’issue du défilé, la créatrice a lancé avec la chanteuse Pink une campagne internationale contre l’utilisation de peaux d’animaux dans la mode, au cours d’une conférence de presse.
Chez Guy Laroche, Marcel Marongiu a mis en scène une femme « sexy, séduisante, forte, sachant ce qu’elle veut ». Elle porte des manteaux aux épaules rondes, des capes en cuir noir, des jupes avec sur le devant un pliage géométrique, des robes noires couvertes de petits volants carrés. Ces femmes sûres de leur pouvoir de séduction, à la taille fine, arborent de longs gants noirs et se font conquérantes en cuissardes.

Marcel Marongiu explique avoir songé au constructivisme russe: « tout est basé sur le cercle, le carré, le rectangle, le triangle dans la construction ou dans les décors sur les vêtements ». Tout est « très sculptural, très construit. C’est un sexy qui, à première approche, est un peu carapace, protection, mais qui donne une ouverture. C’est intrigant, et ça donne envie d’aller plus loin », dit-il.

Léonard, roi de l’imprimé « fleurs flamboyantes » sur soie, a surpris en renouant avec des imprimés panthère, en version nature (noir et jaune), mais aussi sur fond rouge et violet.

Les imprimés classiques de la maison se mélangent parfois à des jerseys unis, se structurent de ganses en lurex, accueillent des applications de sequins noirs sur une épaule. Les robes courtes se portent avec des cuissardes.

« Dans une période un peu difficile comme celle que nous vivons tous, c’est un record de pouvoir faire une collection portable et luxueuse », s’est réjoui le fondateur de la griffe, Daniel Tribouillard. « On a veillé à ce qu’elle ne coûte pas trop cher pour que les femmes autour du monde puissent acheter et elle est néanmoins luxueuse, elle ne sent pas du tout l’économie. »

M. Tribouillard a reconnu que Léonard ressentait la crise mais souligné que la griffe poursuivait son développement, notamment en Asie. « L’année 2008 a été la meilleure année du siècle pour nous », a-t-il affirmé.

afp.com

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