John Galliano est parti dimanche en trek ethnique avec ses femmes nomades aux chaussures de montagne talon aiguille, quand Sonia Rykiel invitait au confort, avec des manteaux enveloppants et de la maille douce
La tribu du styliste anglais fend la montagne « vers des frontières imaginaires, à la recherche de terres nouvelles », annonce le programme. Coiffées de chapeaux camouflage, elles portent des couches successives pour se protéger des éléments et s’adapter « au climat toujours changeant ».
Ces aventurières de contrées lointaines portent des jupes sur sarouels, des vestes brodées aux manches en fourrure et de grosses ceintures sur les hanches. Le soir, elles se transformant en princesses, enfilant de longues robes transparentes et colorées, brodées de fourrure encore ou de motifs argent.
Sonia Rykiel parie sur l’ »oversize », des manteaux ou tailleurs très larges sur un pull en maille douce et transparente. Les mannequins, qui se saluent au passage en se frôlant la main ou en s’envoyant des bises, arborent un pompon géant sur le côté de la tête.
Les couleurs sont douces : beige, gris clair, « nude », mais aussi du kaki, violet et marron. Tout a l’air chaud et doux. La collection revisite les codes de la maison : strass sur du noir, rayures de couleur mais de largeurs irrégulières, pulls tuniques. Elle joue aussi avec des trompe-l’oeil, comme cette robe au motif de dentelle noire devant et rayures laine derrière.
Les filles reviennent saluer, en manteaux plumes d’autruches de différentes couleurs, avant de se mettre à danser sur scène, bras levés, au son de Nirvana.
La marque Céline, et sa styliste Phoebe Philo, ont présenté une collection classique et élégante, mariant souvent le bleu marine et le noir.
Sur des lignes épurées et féminines, elle mixe aussi les matières, comme cette robe sans manches en cuir noir, dont la partie jupe est faite de tweed bleu scintillant.
Karl Lagerfeld, le styliste de Chanel, a présenté sa propre collection pour l’hiver prochain, un jeu de contrastes entre le mat et le brillant à dominante de noir.
Dans un style qu’il a voulu « graphique », il décline un simili vinyle en pantalons cigarette se terminant au dessus de la chaussure, avec un zip sur le côté, presque comme une guêtre, mais aussi en jupes, qu’il superpose d’ailleurs volontiers sur les pantalons.
Il s’agit d’une « nouvelle matière enduite de vernis, mais qui respire », a indiqué le couturier en coulisses : « Ca coule sur le corps comme une laque, c’est fluide. Alors que le vinyle ça colle, c’est dégoûtant! ».
Après la trentaine de manifestants anti-fourrure la veille chez Jean Paul Gaultier, une jeune fille a dénoncé l’anorexie encouragée, selon elle, par le milieu de la mode. A l’entrée du défilé Lagerfeld, elle s’était allongée à même le sol, visage caché et bras nus sous un sac poubelle, grelottant violemment au-dessus d’une pancarte affirmant: « La taille zéro tue ».
Tout au long du week-end, des invités sont venus aux défilés avec leurs enfants, provoquant parfois des situations cocasses. Comme cette petite fille de 4 ans, debout au 1er rang, paraissant obnubilée par le spectacle jusqu’à ce qu’elle décrète, solennelle : « C’est moche! ».
afp.com
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