Ils sont 20 spécialistes sur tout le Royaume. Les podologues ou « les médecins des pieds », veulent sortir de l’ombre et s’imposer comme les véritables spécialistes des maladies du pied. Casablanca qui compte 4 podologues, tous opérant à titre privé, abritera un congrès sur cette discipline, le 29 novembre à la faculté de Médecine, à l’initiative de l’Association Marocaine Scientifique des Podologues. Rencontre avec sa présidente, Hind Benziane.

- On parle rarement de la podologie comme une spécialité à part entière au Maroc. Pourquoi ce manque de communication ?
- La podologie existe au Maroc depuis une décennie. Depuis la création de l’Association marocaine scientifique des podologues en juin 2006, nous avons remarqué le manque de communication et nous avons commencé à nous mobiliser en collaboration avec d’autres ONG pour mieux faire connaître la podologie et en même temps sensibiliser aux différents problèmes de pied.
- Comment définit-on la podologie ?
- C’est d’abord une profession qui n’a pas encore été qualifiée au Maroc. Mais elle est considérée dans le monde entier comme une profession médicale à compétence définie. Donc le podologue est habilité à soigner les problèmes de pied en rapport avec la peau et les ongles. On appelle cette branche la pédicurie médicale, par le biais de soins locaux ou par le biais de traitement qu’on prescrit localement. Il y a aussi la partie podologie qui s’occupe de toutes les déformations, malformations et déséquilibres qui surviennent en partant du bas du dos jusqu’au pied. Le podologue traite toutes les douleurs survenues au niveau du pied en général par le biais de semelles orthopédiques qu’on fait sur mesure, à la suite d’un examen clinique qui nous aide à établir un diagnostic précis de la pathologie.
Avant les semelles étaient faites par des techniciens, des médecins, des traumatologues…Chacun essayait d’agir à sa manière vu le manque de spécialistes dans ce domaine. Maintenant, grâce à l’association, on essaie de communiquer un peu sur la podologie. Les spécialistes commencent de plus en plus à orienter vers un podologue quand il s’agit de semelles, de douleurs….
- Cette spécialité reste toujours absente dans les hôpitaux, pourquoi ?
- Malheureusement la majorité des podologues exercent à titre privé. En effet, il n’y a aucun service de podologie dans les CHU ou les hôpitaux publics. Espérons que cela ne saurait plkus tarder parce qu’il y a un réel besoin de spécialistes dans ce domaine.
- Justement, les malades souffrants de problèmes de pied ne savent pas où s’adresser…Quel est le rôle du podologue ?
- En premier lieu, le podologue doit diagnostiquer le problème. Si la pathologie qu’il découvre sort de son domaine de compétence, il doit orienter le patient vers le spécialiste adéquat.
- Le podologue serait-il capable d’intervenir dans toutes les maladies en relation avec le pied ou jouerait-il juste un rôle d’orientation vers le spécialiste adéquat ?
- On ne peut pas dire qu’un podologue peut intervenir dans n’importe quelle pathologie du pied. Il agit quand le traitement peut se faire à l’aide de semelle, de soin local ou de traitement local : il peut prescrire des traitements pour des pathologies qui ne sont pas trop sérieuses, comme la mycose, les champignons, les onychomycoses…Mais quand le problème est encore plus sérieux, là son rôle est d’orienter le patient vers le bon spécialiste. Ceci-dit, le podologue reste en contact avec plusieurs spécialistes : dermatologues, traumatologues, pédiatres….suivant la nature de la pathologie dont souffre le patient. Ainsi, le podologue assurera le suivi avec l’autre spécialiste. Parce que des fois le podologue peut faire le traitement lui-même, mais il y a des compléments de traitement qui doivent être faites par un autre spécialiste.
- Qu’on est-il pour les diabétiques ?
- Pour les diabétiques on intervient si la pathologie est dans un stade précoce. Les ulcères de pied sont traités localement avec des soins. Notre deuxième rôle est de prescrire la semelle orthopédique qui vise à décharger la zone douloureuse parce que si le patient continue à marcher sur son pied, il ne va jamais cicatriser. On ne peut pas non plus imposer à un patient de rester immobile longtemps.
Mais dans les cas avancés, comme la gangrène, on oriente toujours vers un spécialiste.
- Quels conseils donner aux femmes pour veiller à la santé de leurs pieds ?
- Une bonne hygiène, bien couper ses ongles d’une forme carrée en arrondissant uniquement les bords, mettre des chaussettes en fibre naturel dans la période de froid. Pour les chaussures, il faut qu’elles aient un bout large et pas pointu parce que celles-ci provoquent des déformations plus tard et des inflammations…S’il faut vraiment les porter, mieux le faire pour une période courte. Pour les talents, il faut les choisir ni trop hauts ni trop bas, entre 3 et 5 cm en moyenne. D’autre part, si la femme a un pied qui transpire beaucoup, il faut qu’elle utilise un anti transpirant. Si par contre le pied est trop sec il faut l’hydrater avec des crèmes et des gommages pour éviter les crevasses.
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