Réchauffement planétaire:L’impact des variantes météorologiques

Températures qui jouent au «yoyo», pluie, soleil, vent, tempête, canicule: toutes ces variantes météorologiques peuvent avoir lieu dans une même et seule saison.

rechauffement-planetaire

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Au point de déboussoler le citoyen, on ne s’attendait pas à de tels bouleversements météorologiques en raison de l’activité humaine sur la planète.
Et le Maroc n’échappe pas à la règle. En effet, de l’avis unanime des scientifiques, le changement climatique a bel et bien eu lieu et les répercussions sont innombrables et sans précédent : sur la santé (allergies, épidémies…), économiques (disettes, famines…) à tel point que l’on parle désormais de «réfugiés climatiques» Dans les régions arides et semi-arides du Maroc, où l’eau est déjà rare et où l’accès à l’eau potable est limité, les changements climatiques ne manqueront pas d’influer sur la quantité et la qualité des ressources hydriques. Cela aura des répercussions sur la sécurité alimentaire et sur la santé humaine. Le climatologue Henry Barneys de l’Université de GeorgeTown et spécialisé en changements climatiques en Afrique du Nord et subsaharienne explique que «les régions du Maroc habituellement bien arrosées (Tangérois, Rif…) le seront encore plus, tandis que les zones arides deviendront très probablement désertiques. Au niveau sanitaire, les inondations risquent d’engendrer des épidémies (choléra, fièvre jaune, paludisme…) alors jusque-là habitu,ellement visibles dans des zones tropicales».

Et Le professeur Barneys d’ajouter «l’exploitation de petits barrages pour gérer les ressources en eau contribue certes à l’adaptation aux changements climatiques, mais elle n’est pas sans conséquence pour l’environnement. Cela conduira inévitablement à l’érosion des sols avec pour conséquence une raréfaction des terres arables. Même si l’idée première partait d’une intention positive et constructive comme la gestion de petits barrages susceptibles d’améliorer la santé et le bien-être des collectivités rurales, ces initiatives risquent au final d’être contre-productives ! Autres fléaux pourtant «limités» aux zones tropicales et subtropicales et qui risquent de se développer en raison de la «tropicalisation» du climat, les maladies dîtes infectieuses (une maladie infectieuse est une maladie provoquée par la transmission d’un micro-organisme: virus, bactérie, parasite, champignon, levure…) comme la dengue (fièvre hémorragique), la filariose , la lèpre, la maladie du sommeil (appelée aussi maladie de la mouche tsé-tsé), la tuberculose, l’ebola, le virus du Nil occidental…

Seule bonne nouvelle à l’horizon, de récentes études de l’OMS ont montré qu’au Maroc, sans doute grâce aux efforts de sensibilisation et des progrès de la prophylaxie (ce terme désigne le processus ayant pour but de prévenir l’apparition ou la propagation d’une maladie par le biais de campagnes de dépistage, d’information, de vaccination…), les maladies tropicales ne représentaient que 36 % des maladies infectieuses contractées au retour de voyage dans des zones tropicales. Le paludisme par exemple représente, selon les études, 20 à 75 % des maladies fébriles contractées. Mais l’OMS tire la sonnette d’alarme au sujet d’une injustice terrible : cette injustice qui veut que la pollution responsable du réchauffement climatique est au Nord (Europe, Amérique du Nord), mais ce sont encore une fois les pays du Sud qui subiront les plus gros dégâts.

Mais les grands pollueurs comme l’Europe ne seront pas en reste, car ce continent paiera le prix du réchauffement de manière plus atypique! Quantité de maladies se développeront par l’intermédiaire d’insectes et des animaux, comme les tiques, les renards et les rongeurs. En effet, plus il fait doux, plus le nombre de ces insectes ou animaux augmente, et plus le risque de contamination chez l’homme est grand. C’est le résultat incontestable de l’étude europénne «Emerging Diseases in a changing European Environment» (Eden). Un programme qui rassemble 150 chercheurs issus de 24 pays européens. Entre autres exemples loin d’être exhaustifs, le radoucissement du climat provoquera par exemple une augmentation du nombre de campagnols roussâtres. Ces rongeurs sont parfois porteurs d’une maladie mortelle pour l’homme : «la fièvre hémorragique avec syndrome rénal». C’est une maladie mortelle s’il elle n’est pas soignée à temps. Il suffit de toucher à des feuilles ou de la terre, voire même d’inhaler des poussières souillées par l’urine ou les déjections de ce rongeur pour être en mesure de contracter cette maladie.

Une maladie qui gagne du terrain partout en Europe. Et c’est bien le réchauffement climatique qui est l’une des causes majeures de cette recrudescence, mettant en œuvre toute une chaîne complexe, mais inéluctable.
A l’origine, étés chauds et automnes doux provoquent une fructification plus abondante de certaines espèces d’arbres. Et qui dit plus de nourriture pour les rongeurs, dit recrudescence de rongeurs. Autre maladie en recrudescence : l’échinococcose, transmise donc par le renard ou les animaux de compagnie. L’augmentation de cette maladie, tout comme l’encéphalite à tiques, tient également au réchauffement climatique, mais aussi à des contacts plus fréquents de l’homme avec la nature.

Par Firas ADAWI | LE MATIN

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