Réveillon plein dans le haut de gamme, le moyen espère une affluence tardive

Alors que les restaurants sélects affichent complet pour la soirée du réveillon, les établissements de moyenne gamme ont plus de mal à attirer les clients et parient sur les réservations de dernière minute pour remplir leur salle

« Le nouvel An 2009 ne sera pas un grand cru pour la restauration. Ce sera morose comme 2008″, prévoit Philippe Villalon, le président de la fédération nationale des restaurateurs au sein de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), premier syndicat du secteur.

En cause, la crise qui pousse les consommateurs à réduire davantage leurs dépenses de loisirs et à épargner plus que d’ordinaire en prévision de coups durs, selon M. Villalon.

Mais « on sent quand même que les gens ont envie d’oublier le marasme économique. Ils veulent sortir », fait observer Armen Petrossian, président du groupe éponyme, premier acheteur et importateur de caviar au monde.

« Les gens veulent maintenant se lâcher », renchérit Sylvie Altier, chez le traiteur de luxe Fauchon. Pour la Saint-Sylvestre, les restaurants Fauchon et Petrossian sont « quasiment pleins ».

Si la boutique Petrossian connaît une hausse de 15% de clients comparé à 2008, ceux-ci en revanche « ont réduit le montant total de leurs achats. En tous cas, ils font beaucoup plus attention », confie M. Petrossian.

Le cahier des réservations des enseignes prestigieuses est bien rempli mais les prix – 600 à 1.000 euros le couvert hors boissons – n’ont pas bougé par rapport à l’an passé.

« Les gens résidant dans les palaces ne sont normalement pas impactés par la crise. S’ils veulent se faire plaisir, ils mettent le prix », indique-t-on au Meurice, hôtel de luxe au coeur de Paris. Cela dit, les réservations pour les quarante-quatre couverts que compte le restaurant de l’hôtel ont été « un peu plus longues » que d’habitude: « ça fait seulement deux semaines que nous sommes complets », contre des mois par le passé, précise-t-on.

« On a reçu beaucoup plus de demandes que de places disponibles », déclare pour sa part une porte-parole des restaurants d’Alain Ducasse (Plaza Athénée et Le Jules Verne à la Tour Eiffel).

« On s’en sort pas mal. On n’a pas baissé nos prix », ajoute Mutiara Bonnety au Georges V, dont le restaurant gastronomique Le Cinq sera aussi sur son 31.

En province aussi, le haut de gamme n’est apparemment pas touché: « Il n’y a pas de ralentissement, nous sommes pleins », assure une porte-parole du « Petit Nice » à Marseille (trois étoiles Michelin).

De leur côté, les établissements de moyenne gamme tablent sur des promotions et des réservations au dernier moment pour tirer leur épingle du jeu: ces restaurants « font face à des gens qui sont frileux. Ils doivent jouer sur les prix pour les attirer », fait remarquer M. Villalon.

« Grâce à une réduction des prix de 5 à 10% dans nos brasseries et la baisse de la TVA, nous avons eu un très bon taux de remplissage cette année », confirme Dominique Giraudier, directeur général des établissements Flo (La Coupole, Le Vaudeville, Julien…). « Nous avons des places disponibles pour la dernière minute », ajoute-t-il.

« Notre menu est passé de 85 euros à 65 euros, j’espère que ça va faire venir du monde. Je prendrai les clients jusqu’à la toute dernière minute le 31″, affirme Jelal Kozem, le gérant des restaurants Helem, qui n’a enregistré que 30% de réservations.

A la Villa Monceau, à Paris, « on propose un menu à 50 euros contre 70 euros en 2008. On a l’impression que ça accroche. On verra bien », positive pour sa part Francis Briouze, responsable de salle.
afp.com 

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