Entretien avec Hayet Belhalloufi, actrice principale du film « Amours Voilées »: « Les mentalités évoluent, cela ne veut pas dire pour autant que l’on ne respecte pas ses croyances ou sa culture »

Hayet Belhalloufi vient juste d’avoir 25 ans et a déjà une connaissance aiguisée de la caméra et une expérience non négligeable des tournages. Elle est aujourd’hui à l’affiche du premier long-métrage d’Aziz Salmy, « Amours voilées », où elle incarne Batoul, une jeune femme tiraillée entre travail, vie privée et religion. Alors que le film sort mercredi prochain dans les salles, rencontre.

hayet-belhallooufi

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Amours voilées est le deuxième film dans lequel vous jouez, avec en prime le rôle principal. Comment s’est passée la rencontre avec Aziz Salmy ?

J’ai rencontré Aziz Salmy à Paris lors des essais du film. Nous avons dès le départ eu un très bon feeling et j’ai tout de suite senti qu’il aimait et qu’il croyait en son projet. C’est une des choses qui m’a encouragée à venir sans me poser de questions.

Comment s’est déroulé le tournage sous la houlette de Aziz Salmy ?

Très bien. Pendant le tournage Aziz m’a toujours dirigé tout en me laissant assez de liberté pour amener ma vision du personnage. Malgré le manque de temps et de repos…il a toujours laissé place à la communication ; chose importante entre un acteur et son metteur en scène.

Comment avez-vous vécu la rencontre et le fait de jouer avec Younès Megri ?

Ce fut une très belle rencontre. J’étais dans un premier temps très fière mais aussi très intimidée de tourner avec un acteur tel que lui. Mais Younès est d’une très grande humilité, c’est quelqu’un qui est à l’écoute. Sur le tournage, il m’a beaucoup aidé par son professionnalisme et sa générosité.

Retrouvez-vous dans le personnage que vous incarnez, Batoul, certains aspects de votre propre personnalité ?

Mon personnage est une femme qui aime passionnément, une femme qui travaille, qui est présente pour sa famille et pour ses amis. Elle est croyante et respecte les points de vue de chacun. Elle me ressemble en tous ces points.

Le film d’Aziz Salmy Amours voilées traite d’un sujet sensible, on l’a vu, mais d’un problème de fond de la société marocaine (du tiraillement entre ambitions professionnelles et tentation de vie familiale, entre vie sentimentale et vie religieuse, modernité et conservatisme). Quel regard portez-vous sur ces problématiques et sur l’ambivalence actuelle de la société marocaine ?

Je pense que ce fait existe dans toutes les sociétés, à différents degrés. Il y a toujours un décalage entre les libertés que l’on voudrait avoir et ce qui est dans notre culture ou dans notre cœur. Ces contradictions sont nécessaires pour pouvoir évoluer avec les mœurs de son pays.C’est pour cela que je ne pense pas que l’on puisse parler de mutation mais de changements.Toutes les mentalités changent et évoluent, cela ne veut pas dire pour autant que l’on ne respecte pas ses croyances ou sa culture. Au contraire, plus que jamais elles sont nécessaires. Mais quelles ques soient les différentes opinions, si nous pouvions trouver en chacun de nous le juste équilibre et le respect des choix d’autrui nous trouverions une paix interne mais aussi une paix entre les peuples.

Pour revenir sur votre parcours, vous avez obtenu un rôle dans le film Féroce de Gilles de Maistre en 2001. Vous avez également joué “Rebecca” dans la série Sous le soleil de 2005 à 2007. Que vous ont apporté sur le plan de l’appréhension de la caméra ces deux expériences ?

Féroce de gilles de Maistre était ma premiere expérience cinématographique. J’avais un petit rôle mais cela m’a permis de me rendre compte de ce qu’est un tournage, les gens, l’ambiance. J’ai réellement pris conscience du rapport à la caméra dans Sous le soleil. On a beau critiquer les séries françaises mais moi je suis heureuse d’avoir pu travailler avec une dizaine de réalisateurs différents. Cela est très enrichissant pour un jeune comédien de renouveler sa façon de travailler. J’ai beaucoup appris grâce à ces expériences.

Le 7 janvier dernier, vous fêtiez vos 25 ans. Quel regard portez-vous sur votre carrière déjà étoffée malgré votre jeune âge ?

J’espère n’être qu’au début de ce qu’on appelle “une carrière”…Quand j’étais plus jeune je me disais qu’à 25 ans je serais une dame…mais grâce à ce métier je suis comme une enfant qui a tout à faire et tout à découvrir. J’espère que le meilleur reste à venir…

On entend dire que vous allez peut-être jouer dans le prochain film de Narjiss Nejjar, votre actualité cinématographique est au beau fixe. Quels seraient aujourd’hui vos rêves en matière de cinéma ?

Narjiss Nejjar est une réalisatrice dont j’avais déjà entendu parler lorsque je tournais Amours Voilées. J’ai pu la rencontrer à Marrakech puis à Tanger ou j’ai découvert Les yeux secs qui est magnifique. Narjiss a une sensibilité dans son travail et dans sa vie qui me correspond beaucoup. Effectivement, j’aimerais beaucoup travailler avec elle et pourquoi pas sur son prochain film…Ce serait un beau cadeau de quart de siècle ! Travailler encore et encore c’est tout ce que je veux, parce-qu’on ne peut jamais dire qu’une carrière est au beau fixe…ça porte malheur !!!

Auteur : Propos recueillis par Muriel Tancrez

aufaitmaroc.com

Violence conjugale : Vers la lutte contre «l’analphabétisme juridique» des victimes

La protection de la femme contre la violence conjugale, l’une des principales causes du divorce au Maroc, passe en premier lieu par la lutte contre «l’analphabétisme juridique» chez les victimes, a affirmé, Mme Hanane El Oualidi, avocate et présidente de l’association Sanad pour la femme et l’enfant victimes de violence et de la négligence.

9«Le Code de la famille a apporté plusieurs dispositions pour préserver les droits et la dignité des femmes dans le cadre du mariage, mais la plupart des femmes victimes de violence conjugale en ignorent l’existence et continuent de souffrir dans le silence», a-t-elle déploré dans un entretien accordé à la map.
Elle a insisté sur l’importance de la sensibilisation des femmes marocaines à leurs droits pour mieux se prémunir contre tout abus de la part de leurs conjoints, susceptible de gâcher leurs vies et par la même celles de leurs progénitures.
C’est à cette finalité que se consacre l’association qui reçoit à travers ses centres d’écoute aussi bien les mères, les pères que les enfants pour essayer de trouver des solutions amiables aux problèmes conjugaux, partant du souci de préserver l’unité de la famille et son harmonie.
Pour Mme El Oualidi, le recours à la justice ne devrait intervenir qu’en dernier ressort, après épuisement de toute possibilité de réconciliation à l’amiable.
La femme violentée se voit ainsi offrir la possibilité d’initier une procédure de divorce sans pour autant être obligée de renoncer à ses droits.
L’alcoolisme, le comportement pervers,… les principales causes

Elle a cité dans ce cadre le divorce pour discorde (chiqaq) qui reste la procédure la plus usitée par les femmes : le Code de la famille prévoit six cas où la femme est en droit de demander le divorce, dont l’absence de l’époux, le préjudice, le défaut d’entretien, l’absence pour une durée d’une année, le vice rédhibitoire, le serment de continence ou le délaissement.
Dans le seul centre de Salé, où siège l’association Sanad qui représente aussi les femmes violentées devant les tribunaux, le nombre des demandes de divorce pour discorde a atteint 1.780 en 2008, dont 1.355 prononcés, a-t-elle indiqué, précisant que ce nombre n’a été que de 290 en 2004 (210 divorces prononcés).
Selon Mme El Oualidi, la violence conjugale est souvent liée à des considérations financières, l’alcoolisme ou le comportement pervers du partenaire, le désaccord sur l’éducation des enfants, le manque de maturité et de tolérance.
L’association Sanad pour la femme et l’enfant victimes de la violence et de la négligence dispose, en plus du centre d’écoute de Salé, qui reçoit jusqu’à 70 cas par jours, quatre autres, à Tiflet, Rommani, Meknès et Khémisset.
La création d’autres centres est en perspective, selon Mme El Oualidi qui souligne que dans le choix des lieux d’implantation des centres, la priorité est donnée aux zones rurales qui abritent une grande proportion de femmes analphabètes, les plus touchées par le phénomène de violence conjugale.
«60 % des femmes reçues dans nos centres sont analphabètes», a-t-elle dit.

Amal Tazi

albayane

Code de la famille : les couples informels appelés à contracter mariage avant le 5 février

Il ne reste plus que quelques jours avant la date butoir du 5 février 2009 pour l’enregistrement des actes de mariage. Aucune sanction n’est prévue pour ceux qui ne procéderont pas à cette démarche.

societe

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Le 5 février 2009 est la date butoir pour que les couples marocains en situation irrégulière enregistrent leurs actes de mariage. Une démarche indispensable pour régulariser d’une part leur situation et d’autre part prétendre à un livret de famille. Dans les régions rurales, de nombreux couples continuent de se marier en lisant tout simplement la «Fatiha» en présence de quelques témoins. Un homme qui s’unit à une femme par la Fatiha peut se séparer d’elle à n’importe quel moment et la laisser livrer à son propre sort. «La société marocaine a connu de profondes mutations sur tous les plans. Et il est navrant de constater que le mariage par la Fatiha persiste encore dans notre pays», affirme  un haut magistrat qui a souhaité garder l’anonymat.
Combien sont-ils à vivre dans cette situation irrégulière ? Il est impossible de quantifier le phénomène en raison de l’absence de statistiques. Selon une source du ministère de l’Intérieur, près de 9.000 couples n’auraient pas encore notifier leur acte de mariage et plus de 200.000 enfants ne seraient pas inscrits dans les livrets de famille. Une situation alarmante. «A l’heure actuelle, il n’y a aucune sanction qui réprime le fait de ne pas enregistrer l’acte de mariage», indique t-on auprès du ministère de la Justice. Le département d’Abdelouahed Radi  affirme travailler sur le sujet. Mais aucune mesure n’a encore été prise. «Passée cette date, le ministère de la Justice pourrait allonger le délai à 5 autres années. Ce qui serait alors catastrophique. Des sanctions s’imposent. Il faut également  continuer à sensibiliser les citoyens sur la gravité de la situation», note le magistrat. L’absence d’un acte de mariage officiel a des conséquences très graves et plus particulièrement pour les enfants. Sans livret de famille, se pose le problème de succession en raison de l’impossibilité d’établir la filiation. Selon la loi, les descendants sont considérés comme illégitimes. Il est inutile de rappeler que, grâce à ce document, les droits de milliers de femmes et d’enfants sont assurés que ce soit en termes de pension alimentaire que de garde des enfants. Selon le ministre de la Justice, les citoyens qui n’ont pas encore enregistré leurs actes de mariage à la section notariale sont appelés à soumettre au tribunal leurs demandes d’obtention des jugements de confirmation de mariage avant le délai imparti légalement, soit la première semaine de février 2009.
Le code de la famille avait prévu un délai de cinq ans à partir du 5 février 2004 pour que les citoyens n’ayant pas accompli cette procédure puissent s’adresser au tribunal afin d’obtenir des jugements de confirmation de leur mariage. Cette démarche concerne également les Marocains résidant à l’étranger (MRE). Ces derniers doivent alors enregistrer le document au consulat du Maroc. La demande de confirmation du mariage doit être faite devant les adouls de la circonscription consulaire dont dépend le domicile. Les mariages célébrés devant l’officier d’état civil français doivent être transcrits dans un délai de 3 mois. Les intéressés doivent donc s’adresser aux services consulaires de leur lieu d’établissement, pour faire reconnaître leur mariage par le Maroc. Le consulat se charge d’envoyer la copie de l’acte de leur mariage délivré par l’officier de l’état civil français à l’officier de l’état civil du lieu de naissance des lieux des époux. Passé ce délai, les personnes concernées doivent s’adresser directement au Tribunal de première instance de Rabat pour obtenir un jugement de confirmation de leur mariage.
Par : Leila Zerrour

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