La politique du médicament, qui figure parmi « les priorités de la stratégie 2008-2012″ du ministère de la Santé, prévoit l’exonération de la TVA de la plupart des produits pharmaceutiques de traitement de plusieurs maladies chroniques et de l’hépatite virale, a indiqué mardi à Rabat Mme Yasmina Baddou, ministre de la santé.

Répondant à une question orale à le Chambre des Conseillers, la ministre a précisé que cette politique a abouti à l’élaboration d’un plan d’action conçu de façon à faciliter l’accès des patients aux prestations médicales de base dans les meilleures conditions, à travers l’exonération de la TVA de la plupart des médicaments de traitement de l’hépatite virale et des pathologies chroniques tels que l’asthme, le diabète, l’insuffisance rénale, les maladies cardiovasculaires, le cancer et le sida.
Ce plan, a-t-elle précisé, prévoit également une augmentation des fonds destinés à l’achat de médicaments, notamment des produits de traitement des maladies chroniques, ainsi que la mise en place d’un système informatique de gestion des stocks pharmaceutiques des hôpitaux et l’élaboration d’un guide des besoins en médicaments et d’une nouvelle stratégie d’approvisionnement des établissements publics de soins en médicaments et matériel médical.
Le plan d’action prévoit également la création de huit dépôts régionaux de médicaments, la nomination de pharmaciens chargés de l’inspection, de la gestion et de l’encadrement des services pharmaceutiques et le renforcement de la législation régissant le secteur (loi N° 17-04).
Concernant la couverture médicale des retraités, Mme Baddou a estimé que la loi 65-00 constitue un « code de la couverture médicale de base » en ce sens qu’elle est faite pour améliorer le niveau de santé et garantir l’égalité quant à l’accès aux prestations de soins, dans la perspective de l’instauration d’une justice sociale et économique.
En réponse à une autre question sur la répartition géographique des ressources humaines du ministère, Mme Baddou a indiqué que son département a procédé cette année à l’affectation de 340 médecins de différentes spécialités et au recrutement de 203 médecins généralistes, 1.234 infirmiers, 27 chirurgiens dentistes, 15 pharmaciens, 64 techniciens, dix administrateurs et dix ingénieurs, soit une augmentation de 157 pc par rapport aux effectifs engagés durant l’année 2007.
Depuis début 2008, le ministère a également procédé à la mise en service de 95 centres médicaux et compte en ouvrir autant en 2009, alors que le prochain budget prévoit 2.000 nouveaux postes, dont la plupart destinés aux régions affectées par des insuffisances en ressources humaines, a-t-elle précisé.
Pour faire face au déséquilibre de la répartition géographique des ressources humaines, a expliqué Mme Baddou, le ministère dispose d’une stratégie de formation de 3.300 médecins à l’horizon de 2020, notamment au sein de nouveaux centres hospitaliers universitaires (CHU) dont la construction est prévue dans les villes d’Oujda, Tanger et Agadir.
Le ministère a également adopté une nouvelle circulaire réglementant, à la fois, les affectations et mutations, et dont les aspects positifs résident dans le découpage des régions en plusieurs zones en fonction de la proximité ou l’éloignement de l’axe Rabat-Casablanca et du principes de complémentarité entre mutations et affectations, a-t-elle expliqué, soulignant qu’en dérogation aux conditions réglementaires du concours de recrutement des infirmiers, le ministère a du embaucher l’ensemble des lauréats des promotions de 2006 et 2007.
Quant aux lauréats des centres privés de formation des infirmiers, Mme Baddou a précisé que leur recrutement dans les établissements publique obéit à l’intervention de plusieurs ministères pour cause d’équivalence par rapport à leurs titres, notamment les département de l’enseignement supérieur, de la modernisation des secteurs publics et de la formation professionnelle. MAP
La ministre de la Santé, Yasmina Baddou, a assuré, jeudi à Dakar devant la 15e conférence internationale sur le sida et les infections sexuellement transmissibles en Afrique (Icasa), que la lutte contre cette pandémie était une “priorité” au Maroc.
“Au Maroc, la lutte contre le VIH/sida a constitué une priorité et ce, depuis la déclaration du premier cas de sida dans le pays en 1986”, a affirmé Mme Baddou, en présentant la stratégie marocaine de prévention et de lutte contre le sida devant la session spéciale des premières dames d’Afrique, organisée dans le cadre de l’ICASA, et qui s’est déroulée en présence de S.A.R. la Princesse Lalla Salma. Après avoir relevé que le nombre cumulé de malades du sida au Maroc depuis 1986 est de 2.798 sur 22.300 personnes vivant avec le virus, elle a souligné que l’engagement de S.M. le Roi Mohammed VI a donné une forte impulsion à la lutte contre le sida au Maroc et “traduit la volonté inébranlable du Royaume à soutenir et réussir toutes les entreprises visant à maîtriser ce fléau”.
“L’initiative nationale pour le développement humain, lancée en mai 2005 par S.M. le Roi Mohammed VI, se présente comme la réponse logique et le nouveau cadre stratégique de lutte contre la pauvreté, la marginalisation et la précarité des couches vulnérables de la population”, a-t-elle indiqué, précisant que conscient de l’ampleur des dangers menaçant sa population et son développement, le Maroc a mis en place, sans tarder, un arsenal de mesures pour faire face à la propagation de l’épidémie. La ministre a rappelé ainsi la mise en place d’une instance de coordination nationale de la riposte au VIH, d’un plan stratégique national définissant le cadre des interventions de lutte contre le sida et des objectifs à atteindre en 2011, et d’un système national de suivi-évaluation, précisant les différents indicateurs de mesure de progrès et de degré d’atteinte des objectifs.
Elle a ajouté que la stratégie sectorielle du ministère de la Santé pour la période 2008/2012 prévoit le renforcement des activités de prévention répondant aux besoins des populations les plus exposées au risque d’infection, l’accroissement et la diversification des opportunités de conseil de dépistage du VIH, la prise en charge médicale et psychosociale pour les personnes vivant avec le VIH, incluant l’accès aux ARV, et le renforcement du leadership national pour une gestion et une coordination efficace de la riposte multisectorielle au sida. Mme Baddou a relevé que l’accès au conseil et au test volontaire du VIH a connu un “essor sans précédent” au Maroc grâce au partenariat avec les ONG, précisant qu’en matière de prise en charge, l’accès aux antirétroviraux et aux médicaments pour infections opportunistes est assuré gratuitement à toutes les personnes vivant avec le VIH depuis 2003.
Les centres de prise en charge des personnes vivant avec le VIH ont été également renforcés par la mise à niveau du plateau technique et humain et l’amélioration de la gestion, tout en veillant au renforcement du dispositif national d’appui psychosocial aux personnes vivant avec le VIH, a-t-elle ajouté, soulignant d’autres actions de sensibilisation menées dans ce sens. La réunion des premières dames d’Afrique a examiné le rôle de ces personnalités en matière de sensibilisation et de mobilisation des ressources pour arrêter la progression du sida en Afrique.
L’ICASA 2008 réunit quelque 7.000 participants venant de 130 pays, dont des chercheurs, des décideurs politiques, des ONG et des personnes vivant avec le VIH.
Les participants à cette conférence, qui se tient sous le thème “Réponse de l’Afrique: faire face aux réalités”, examineront les moyens de coordonner les efforts des gouvernements, des chercheurs, des ONG et des communautés pour faire face à la progression du sida en Afrique, à travers une plus grande cohérence dans la conception et la mise en place des programmes et une synergie des différentes approches scientifiques, communautaires et de leadership.
Par MAP
La Stratégie nationale de lutte contre le sida 2007-2011 souligne l’engagement du Maroc à réaliser les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), a affirmé, lundi à Rabat, la ministre de la Santé, Mme Yasmina Baddou.
S’exprimant lors d’une manifestation organisée à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le Sida, célébrée cette année sous le thème « Prenons le leadership contre le sida », Mme Baddou a souligné que le programme national de lutte contre le Sida a permis la sensibilisation de plus de 750.000 citoyens, notamment les femmes et les jeunes, sur un million prévu à l’horizon 2012, la réalisation de tests biologiques au profit de 43.000 personnes et la prise en charge de 2.000 personnes vivant avec le VIH sur les 4500 programmés dans la stratégie nationale.
Elle a rappelé les axes de la stratégie nationale de lutte contre le sida et l’élaboration de plans régionaux de lutte contre cette épidémie qui seront prochainement mis en oeuvre au niveau de cinq régions prioritaires (Souss-Massa-Draa, Marrakech-tensift-Al Haouz, le Grand Casablanca, Tadla-Azilal et Tanger-Tétouan).
Le ministère de la Santé a entamé d’autres actions, a-t-elle souligné, précisant qu’il s’agit notamment de l’élaboration et de l’exécution d’une nouvelle stratégie nationale de communication sociale et la consolidation de la décentralisation de la prise en charge des personnes atteintes du VIH.
13 millions de dirhams du budget du ministère est réservé chaque année à l’acquisition des médicaments et des équipements pour réussir le plan stratégique national de lutte contre le sida, a-t-elle ajouté.
Pour sa part, le Secrétaire général du ministère de la Culture, M. Ahmed Guitaa, a appelé à la réinsertion des personnes atteintes de cette épidémie à travers des programmes culturels et médiatiques.
Le ministère de la Culture oeuvrera à encourager et soutenir les artistes et à leur consacrer des espaces et des moyens logistiques pour la réalisation d’œuvres et productions culturelles qui s’inscrivent dans le cadre de la lutte contre le sida, a précisé M. Guitaa qui intervenait au nom de la ministre de la Culture.
De son côté, le représentant de l’Organisation Mondiale de la Santé, président du groupe thématique de l’ONU sur le VIH/sida, Dr. Said Salah Youssouf, a affirmé que la volonté politique exprimée « au plus haut niveau » au Maroc et « les acquis notables » dans la mise en œuvre du plan stratégique national de lutte contre le sida ont permis de situer la réponse nationale au sida à un niveau « très avancé ».
Beaucoup d’acquis ont été réalisés au niveau planétaire grâce aux efforts de tous les partenaires concernés, a indiqué M. Salah Youssouf, notant avec satisfaction la diminution des cas d’infection par le VIH et ceux des décès du sida à travers le monde.
Par ailleurs, le directeur de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies au ministère de la Santé, M. Noureddine Chaouki, a présenté la situation épidémiologique du sida à l’échelle mondiale et nationale, mettant en relief les efforts déployés par le ministère pour faire face à cette épidémie.
A l’issue de cette manifestation le « Pacte des artistes contre le sida » a été signé par Mme Baddou, M. Guitaa et une élite d’artistes marocains représentant plusieurs disciplines.
Par ce pacte, les artistes adhèrent « pleinement aux objectifs du plan stratégique national de lutte contre le sida 2007-2011″ en participant à la sensibilisation en la matière et en intégrant des actions de lutte contre le sida dans le cadre des manifestations à caractère culturel.
Ont pris part à cette manifestation, des représentants de différents départements ministériels et des organismes internationaux ainsi que des artistes et des représentants de plusieurs ONG.