
Fatima Boujenah
Fatima Boujenah, membre du PAM, est devenue la plus jeune femme maire du Maroc, à l’âge de 21 ans. Les Marocains espèrent que cette nomination peu habituelle est le signe d’un changement politique de grande envergure.
Pour les habitants de la commune de Tata, dans le sud du Maroc, les récentes élections municipales ont été particulièrement innovantes. Fatima Boujenah, une jeune bachelière de 21 ans, est devenue la plus jeune présidente d’un conseil municipal dans le royaume. Le fait que cette jeune femme ait été élue dans une commune rurale en a surpris plus d’un.
La sociologue Jamila Mourabiti a expliqué que cette nomination est le signe que la société marocaine évolue, en particulier dans les régions rurales, généralement plus conservatrices. « D’une manière générale, ce sont les hommes qui s’occupent de politique dans le milieu rural », a-t-elle expliqué. « Il est rare qu’une femme puisse percer. L’exemple de Boujenah est un signe encourageant. »
La nouvelle présidente du conseil et membre du Parti Authenticité et Modernité (PAM) avait déjà fait ses premières armes dans des associations de la société civile comme Jeunes de Tagnart, où elle avait occupé les fonctions de présidente. Certaines sources au sein du PAM affirment qu’elle s’est forgée une réputation de jeune femme courageuse et ambitieuse.
Boujenah est née dans une famille modeste ; son père est employé dans un café de Casablanca. Elle a toujours rêvé de jouer un rôle important pour changer le quotidien des gens qui l’entourent.
La nouvelle élue a déclaré à la presse qu’elle souhaitait s’impliquer dans la gestion des affaires locales par amour des gens de sa commune, en particulier des femmes. Elle a également déclaré qu’elle avait décidé de se présenter à cette élection à la demande des habitants de sa commune, qui faisaient confiance à « une fille rurale instruite et capable d’agir efficacement pour le bien-être des gens de cette localité montagneuse ».
« Etre élue maire du conseil municipal et travailler avec des hommes est une expérience qui sort totalement de l’ordinaire », a-t-elle déclaré. « Je ne pensais pas être présidente. Cela s’est concrétisé grâce au soutien de ma famille et de la population de mon village. »
Elle espère maintenant gérer les affaires locales avec l’aide d’un groupe de conseillers expérimentés.
L’élection d’une autre jeune femme membre du PAM – Fatima Ezzehra Mansouri, 33 ans – à la tête de la mairie de Marrakech a également suscité de nombreuses réactions. Le bureau de presse du PAM a expliqué que le parti avait décidé de faire confiance à des jeunes pour insuffler un souffle nouveau dans la gestion des affaires locales.
Saaddine El Othmani, président du conseil national du Parti pour la Justice et le Développement, a souligné l’importance qu’il y a à encourager les jeunes. « Au départ de leur vie, les jeunes croient plus aux idéaux et aux principes. Ils ont le courage de servir le pays, alors que les autres pensent à leur intérêt personnel. »
Pour le professeur de sciences politiques Mohamed Kanzidi, le fait que des jeunes aient atteint des niveaux de responsabilité nationale est un progrès qui pourrait permettre de reprendre confiance dans la politique, à condition que les partis leur apportent le soutien et la formation dont ils ont besoin.
Certaines personnes estiment qu’il s’agit d’un tournant dans l’histoire du Maroc, d’autres affirment qu’il sera difficile pour ces jeunes dirigeants de bien gérer les affaires locales au vu de leur manque d’expérience.
Samira Baadi, cadre dans une banque, affirme que la nomination de jeunes à des postes de décision a ravi les électeurs comme les non votants, car elle est la preuve que quelque chose est en train de changer.
Karim Gartili, un étudiant, voit les choses différemment. Pour lui, les jeunes, surtout de moins de trente ans, auront du mal à s’imposer, même en occupant des postes de responsabilité, face à d’autres élus plus âgés qui veulent servir leurs intérêts personnels.
Par Siham Ali pour Magharebia à Casablanca
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