Aïd Al Fitr : entre tradition et modernité
Les Marocains ont-ils perdu l’enthousiasme de fêter l’Aïd ou c’est juste que leurs responsabilités s’alourdissent de jour en jour. En tout cas, les traditions marocaines que nos aïeuls ont scrupuleusement gardées pendant des années commencent à être mises de côté.
La fête de l’Aïd, l’une des rares occasions où les membres de la famille, pris dans le tourbillon de la vie, se réunissent, et que nos grands-mères et mères fêtaient avec tout l’enthousiasme qu’exige une telle occasion, est considérée comme une charge de plus et un motif de fatigue et de stress.
Autrefois, cette fête était l’occasion de préparer toutes sortes de petits gâteaux et de mets, preuve de joie pour la rupture du jeûne. C’était aussi un moyen de ravir les invités et les convives et de les impressionner par le savoir-faire culinaire de la femme de foyer.
Durant la dernière semaine du mois de Ramadan, les femmes achetaient les matières premières dont elles auraient besoin pour préparer les petits gâteaux à l’aide de tous les membres de la famille. Maintenant, elles préfèrent en acheter. Il n’est pas question de passer des heures supplémentaires de travail après tout un mois de jeûne et de cuisine.
De même, les réunions, les visites et les soirées familiales qui constituaient jadis la genèse même de la fête, cèdent la place, de plus en plus, à des programmes de voyages que les agences de voyage prennent le soin d’embellir (promotions, réduction des prix, nouvelles destinations de rêves…) et dont les ménages tirent profit pour casser la routine et conquérir d’autres destinations.
C’est que notre société commence à s’occidentaliser ou que les Marocains ont perdu l’appétit pour ce genre de traditions ?
Pour les femmes qui travaillent, c’est surtout une occasion de prendre du souffle et rompre avec le rythme du travail et des taches ménagères. Serait-ce une autre forme de fêter l’Aïd !
Toutefois, l’achat de nouveaux vêtements pour les enfants dans cette occasion, y compris les vêtements traditionnels, continuent à survivre ; c’est une manière de faire plaisir aux petits et de leur faire sentir la joie d’un Aïd Al Fitr converti à une fête des vêtements.









