L’administration publique est l’un des principaux secteurs de travail où subsiste la discrimination entre les sexes. En 2009, ce secteur a enregistré un taux de féminisation de 25,7%, légèrement supérieur à celui de 2005 qui était de 23,8%, et inférieur au taux global enregistré dans tous les ministères publics (36,4%).
Si, de manière générale, les femmes sont représentées dans tous les postes d’emploi au sein de l’administration publique, elles demeurent encore éloignées des centres de décision, lesquels sont occupés essentiellement par les hommes.
Ainsi, 17% des employées affirment rencontrer des difficultés pour accéder aux postes de responsabilité, et 33% ressentent un manque de confiance en leurs capacités selon une étude élaborée par le ministère de la Modernisation des secteurs publics.
Dans le cadre des efforts engagés par le ministère de tutelle pour améliorer cette situation, une journée d’études a été organisée le 4 mars dernier à Rabat sur le thème « La consécration du principe d’égalité des sexes, un levier pour la modernisation de l’administration publique » et ce, à l’occasion de la journée internationale de la femme que le monde célèbre le 8 mars. « Le ministère de la Modernisation des secteurs publics est décidé à contribuer aux efforts visant la promotion d’un environnement administratif imprégné des valeurs de l’équité et de l’égalité entre les sexes », déclare Mohammed Saâd El Alami, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Modernisation des Secteurs Publics dans son mot d’ouverture. Pour y arriver, il est nécessaire d’après le ministre, de passer de la sensibilisation sur les questions en rapport avec le travail de la femme dans l’administration publique, à une étape plus cruciale, celle de l’institutionnalisation de l’égalité entre les sexes dans la fonction publique.
Dans ce but, un plan sectoriel a été d’ores et déjà mis en place par le ministère, lequel s’assigne pour objectifs d’intégrer l’approche genre dans toutes les politiques sectorielles, d’augmenter le taux d’accès de la gent féminine aux postes de décision et de concilier entre la vie publique et la vie familiale des femmes fonctionnaires.
Kaoutar Alaoui Mdaghri, chef de division de l’Observatoire de l’emploi public au sein du ministère de la Modernisation des secteurs publics dresse l’état des lieux de la représentativité des femmes dans les centres de décision.
Ainsi, d’un récent sondage mené par le ministère de la Modernisation des secteurs publics sur bon nombre de femmes fonctionnaires, il ressort que 80% des fonctionnaires interrogées sont des chefs de services titulaires de doctorat à hauteur de 33% et de Master à hauteur de 47%. Côté promotion, 38% des femmes fonctionnaires affirment avoir été promues sur la base de leurs années d’ancienneté. Le revers de la médaille c’est que 33% d’entre elles ressentent un manque de confiance en leurs compétences et 17% évoquent des difficultés qu’elles ont confrontées pour accéder aux postes de responsabilité. Par ailleurs, 80% des femmes déclarent que leurs maris sont favorables à ce qu’elles occupent des postes de responsabilité, à condition que leur travail n’empiète pas sur leurs devoirs familiaux.
D’autres mesures seront engagées par le ministère dans l’avenir proche pour faire de l’égalité entre les sexes dans la fonction publique un principe fondamental. Entre autres, Mohammed Saâd El Alami annonce la mise en place éventuellement d’un programme pour développer les mécanismes institutionnels permettant l’accès des femmes aux postes clés. Il sera aussi procédé à la révision du décret du 30 décembre 1975 organisant l’accès aux postes suprêmes au sein des ministères, en vue de promouvoir la transparence en matière de sélection et de permettre un équitable accès des femmes aux postes de responsabilité.
De même, un réseau de coordination des actions des différents ministères dans le domaine de l’institutionnalisation de l’égalité entre les sexes sera mis en place. A cet égard, le ministère de l’Economie et des Finances a son mot à dire. L’intégration de l’approche genre dans la Loi des finances et l’élaboration d’un budget genre sont donc présentées comme deux pas de géant vers la consécration de l’égalité entre les sexes. Lors de son intervention intitulée « budget genre : un vecteur d’efficience des politiques et de modernisation de la gouvernance économique », Mohammed Chafiki, directeur des Etudes et des prévisions financières au ministère de l’Economie et des Finances fait savoir qu’« il ne s’agit pas de réserver un budget spécifique aux femmes, mais plutôt d’opter pour une gestion qui prenne en compte les différences intrinsèques entre les besoins des femmes et ceux des hommes.
Outre le budget général de l’Etat, M. Chafiki considère que l’approche genre doit être intégrée dans le budget des collectivités locales. Pour instaurer l’égalité entre homme et femme dans le domaine de l’emploi, le responsable estime nécessaire d’œuvrer, de prime abord, au renforcement des données statistiques en matière de travail des femmes.
Les acteurs sociopolitiques sont, quant à eux, appelés à s’approprier l’approche genre, y compris les parlementaires, les employeurs, les syndicats de travail et les ONG.
Kaoutar Alaoui Mdaghri, chef de division de l’Observatoire de l’emploi public au sein du ministère de la Modernisation des secteurs publics dresse l’état des lieux de la représentativité des femmes dans les centres de décision.
Ainsi, d’un récent sondage mené par le ministère de la Modernisation des secteurs publics sur bon nombre de femmes fonctionnaires, il ressort que 80% des fonctionnaires interrogées sont des chefs de services titulaires de doctorat à hauteur de 33% et de Master à hauteur de 47%.
Côté promotion, 38% des femmes fonctionnaires affirment avoir été promues sur la base de leurs années d’ancienneté. Le revers de la médaille c’est que 33% d’entre elles ressentent un manque de confiance en leurs compétences et 17% évoquent des difficultés qu’elles ont confrontées pour accéder aux postes de responsabilité. Par aill+eurs, 80% des femmes déclarent que leurs maris sont favorables à ce qu’elles occupent des postes de responsabilité, à condition que leur travail n’empiète pas sur leurs devoirs familiaux. Si, de manière générale, les femmes sont représentées dans tous les postes d’emploi au sein de l’administration publique, elles demeurent encore éloignées des centres de décision, lesquels sont occupés essentiellement par les hommes.
Ainsi, 17% des employées affirment rencontrer des difficultés pour accéder aux postes de responsabilité, et 33% ressentent un manque de confiance en leurs capacités selon une étude élaborée par le ministère de la Modernisation des secteurs publics.
Dans le cadre des efforts engagés par le ministère de tutelle pour améliorer cette situation, une journée d’études a été organisée le 4 mars dernier à Rabat sur le thème « La consécration du principe d’égalité des sexes, un levier pour la modernisation de l’administration publique » et ce, à l’occasion de la journée internationale de la femme que le monde célèbre le 8 mars. « Le ministère de la Modernisation des secteurs publics est décidé à contribuer aux efforts visant la promotion d’un environnement administratif imprégné des valeurs de l’équité et de l’égalité entre les sexes », déclare Mohammed Saâd El Alami, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Modernisation des Secteurs Publics dans son mot d’ouverture. Pour y arriver, il est nécessaire d’après le ministre, de passer de la sensibilisation sur les questions en rapport avec le travail de la femme dans l’administration publique, à une étape plus cruciale, celle de l’institutionnalisation de l’égalité entre les sexes dans la fonction publique.
Dans ce but, un plan sectoriel a été d’ores et déjà mis en place par le ministère, lequel s’assigne pour objectifs d’intégrer l’approche genre dans toutes les politiques sectorielles, d’augmenter le taux d’accès de la gent féminine aux postes de décision et de concilier entre la vie publique et la vie familiale des femmes fonctionnaires.
Kaoutar Alaoui Mdaghri, chef de division de l’Observatoire de l’emploi public au sein du ministère de la Modernisation des secteurs publics dresse l’état des lieux de la représentativité des femmes dans les centres de décision.
Ainsi, d’un récent sondage mené par le ministère de la Modernisation des secteurs publics sur bon nombre de femmes fonctionnaires, il ressort que 80% des fonctionnaires interrogées sont des chefs de services titulaires de doctorat à hauteur de 33% et de Master à hauteur de 47%. Côté promotion, 38% des femmes fonctionnaires affirment avoir été promues sur la base de leurs années d’ancienneté. Le revers de la médaille c’est que 33% d’entre elles ressentent un manque de confiance en leurs compétences et 17% évoquent des difficultés qu’elles ont confrontées pour accéder aux postes de responsabilité. Par ailleurs, 80% des femmes déclarent que leurs maris sont favorables à ce qu’elles occupent des postes de responsabilité, à condition que leur travail n’empiète pas sur leurs devoirs familiaux.
D’autres mesures seront engagées par le ministère dans l’avenir proche pour faire de l’égalité entre les sexes dans la fonction publique un principe fondamental. Entre autres, Mohammed Saâd El Alami annonce la mise en place éventuellement d’un programme pour développer les mécanismes institutionnels permettant l’accès des femmes aux postes clés. Il sera aussi procédé à la révision du décret du 30 décembre 1975 organisant l’accès aux postes suprêmes au sein des ministères, en vue de promouvoir la transparence en matière de sélection et de permettre un équitable accès des femmes aux postes de responsabilité.
De même, un réseau de coordination des actions des différents ministères dans le domaine de l’institutionnalisation de l’égalité entre les sexes sera mis en place. A cet égard, le ministère de l’Economie et des Finances a son mot à dire. L’intégration de l’approche genre dans la Loi des finances et l’élaboration d’un budget genre sont donc présentées comme deux pas de géant vers la consécration de l’égalité entre les sexes. Lors de son intervention intitulée « budget genre : un vecteur d’efficience des politiques et de modernisation de la gouvernance économique », Mohammed Chafiki, directeur des Etudes et des prévisions financières au ministère de l’Economie et des Finances fait savoir qu’« il ne s’agit pas de réserver un budget spécifique aux femmes, mais plutôt d’opter pour une gestion qui prenne en compte les différences intrinsèques entre les besoins des femmes et ceux des hommes.
Outre le budget général de l’Etat, M. Chafiki considère que l’approche genre doit être intégrée dans le budget des collectivités locales. Pour instaurer l’égalité entre homme et femme dans le domaine de l’emploi, le responsable estime nécessaire d’œuvrer, de prime abord, au renforcement des données statistiques en matière de travail des femmes.
Les acteurs sociopolitiques sont, quant à eux, appelés à s’approprier l’approche genre, y compris les parlementaires, les employeurs, les syndicats de travail et les ONG.
Kaoutar Alaoui Mdaghri, chef de division de l’Observatoire de l’emploi public au sein du ministère de la Modernisation des secteurs publics dresse l’état des lieux de la représentativité des femmes dans les centres de décision.
Ainsi, d’un récent sondage mené par le ministère de la Modernisation des secteurs publics sur bon nombre de femmes fonctionnaires, il ressort que 80% des fonctionnaires interrogées sont des chefs de services titulaires de doctorat à hauteur de 33% et de Master à hauteur de 47%.
Côté promotion, 38% des femmes fonctionnaires affirment avoir été promues sur la base de leurs années d’ancienneté. Le revers de la médaille c’est que 33% d’entre elles ressentent un manque de confiance en leurs compétences et 17% évoquent des difficultés qu’elles ont confrontées pour accéder aux postes de responsabilité. Par aill+eurs, 80% des femmes déclarent que leurs maris sont favorables à ce qu’elles occupent des postes de responsabilité, à condition que leur travail n’empiète pas sur leurs devoirs familiaux.
lematin.ma
Trois semaines, trois rapports sur la situation de la femme au Maroc! Pourvu que cet intérêt soudain persiste et ne soit pas, comme à l’accoutumée, nationale, une simple salve sans lendemain, tirée à l’approche de la Journée internationale de la femme, célébrée aujourd’hui 8 mars.
Les deux premiers rapports ont été présentés à l’occasion des travaux de la Commission des droits de la femme à l’ONU, qui ont eu lieu récemment à New York. Gouvernemental, le premier a été défendu par Nouzha Skalli, ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité. Le deuxième, qui est un rapport parallèle, fut présenté par les ONG marocaines actives dans le domaine des droits de la femme. Les deux rapports ont passé au crible la situation des femmes marocaines dans les villes et dans le milieu rural durant les dernières années.
Le rapport gouvernemental couvre la période 2004-2009. Une période qui, selon les responsables marocains, est caractérisée par l’intérêt accordé par les instances du pays à la promotion et la protection des droits de la femme. En effet, depuis l’adoption par le Maroc de la plate- forme de Beijing en 1995, des mesures ont été prises pour accélérer les réalisations dans les domaines prioritaires. Selon ce rapport, ces mesures ont respectivement porté sur le volet institutionnel ainsi que sur l’élaboration de politiques en faveur de la promotion des droits de la femme. Concrètement, les efforts déployés se sont traduits par de nombreuses réformes législatives en vue d’harmoniser l’arsenal législatif marocain avec les dispositions des instruments internationaux ratifiées par le Royaume en matière des droits humains. D’après le rapport, il s’agit principalement du code du travail, du code de la famille et de celui de la nationalité.
Outre les réformes législatives ayant pour but de renforcer l’égalité entre les hommes et les femmes, les auteurs citent les différentes initiatives pratiques mises en œuvres, notamment la stratégie nationale pour l’équité et l’égalité.
Manque de mécanisme de suivi
Le rapport met l’accent, par ailleurs, sur les efforts déployés pour l’institutionnalisation de l’approche genre. Dans ce sens, des plans d’actions sectoriels ont été créés par des départements ministériels pour donner effet à la stratégie nationale pour l’équité et l’égalité. Toutefois, les responsables reconnaissent que ladite stratégie manque d’un mécanisme de suivi. Le rapport passe en revue également les mesures prises par le gouvernement marocain afin de lutter contre la violence à l’égard des femmes.
Ainsi, le pays s’est doté d’une stratégie nationale en plus d’un plan opérationnel dans ce domaine. Un projet de loi incriminant la violence conjugale a été également élaboré par le ministère du Développement social, de la Famille et de la Solidarité. Une enquête de prévalence de la violence est actuellement en cours et dont les résultats sont prévus au mois de juin 2010.
Les difficultés qui perdurent toujours ont été également évoquées. Le rapport relève dans ce sens que des efforts restent toujours à déployer pour parachever la réforme des lois. Dans les domaines de l’éducation et la formation, les phénomènes de la déperdition scolaire, le redoublement ainsi que les disparités qui persistent toujours entre la scolarisation de la fille urbaine et celle rurale ont été pointés du doigt.
Concernant l’accès des femmes aux soins et aux services de santé, les responsables mentionnent les dysfonctionnements du système de santé qui entravent l’atteinte des objectifs de la stratégie nationale de la «santé pour tous», adoptée depuis les années 80 par les responsables marocains.
L’un des défis majeurs de la femme marocaine reste, sans nul doute, sa faible représentativité dans les instances politiques. Car en dépit de l’accès de la femme à différents secteurs, relève le rapport, sa représentation est en deçà des attentes. Les chiffres sont édifiants. Avant les élections de 2009, le taux de la représentativité féminine au niveau local ne dépassait guère 0,56%.
Rapport parallèle
De leur part, les organisations non gouvernementales marocaines ont réalisé un rapport parallèle qui offre, certes, plusieurs points de convergences mais qui met l’emphase sur de nombreuses insuffisances. Ledit rapport affirme que la féminisation de la pauvreté est un fait au pays. «La pauvreté féminine, selon le rapport des ONG, est accentuée par une grande vulnérabilité multiple et complexe liée à des discriminations fondées sur le genre qui perdurent toujours dans certains secteurs». Le rapport évoque notamment les cas des femmes rurales travailleuses qui continuent à être privées de leurs droits socio-économiques car leur travail n’a pas d’équivalent monétaire et donc non comptabilisé et demeure en dehors des statistiques.
De même, la coalition des ONG marocaines, ayant contribué à la réalisation du rapport, atteste que l’écart entre hommes et femmes en matière d’alphabétisation persiste encore. Toujours selon le même rapport, le phénomène de l’abandon scolaire touche principalement les filles, notamment dans le monde rural. En ce qui concerne le domaine de la santé, les taux de mortalité maternelle au Maroc demeurent anormalement élevés. Selon l’enquête sur la population et la santé familiale 2003-2004, le taux de mortalité maternelle avoisine les 227 cas par 100.000 naissances vivantes.
Selon le rapport des ONG, la réduction des trois quarts du nombre des femmes qui meurent durant la grossesse ou après l’accouchement, à l’horizon 2015, est une «visée caduque».
Pour les ONG actives dans les domaines de la promotion des droits de la femme, la société civile a, certes, été reconnue comme partenaire par le gouvernement, mais pour elles, ce partenariat demeure encore confus. La coalition des ONG marocaines, ayant contribué à la réalisation du rapport de suivi, affirme que «les actions propres aux 12 domaines vitaux des droits de la femme, qui constituent l’ossature de la feuille de route de l’implication des Etats, sont, certes, ébauchées à des degrés variés quant à l’état de leur avancement, mais elles sont insuffisantes à faire aboutir cette égalité de genre dans les délais préconisés, entre autres ceux des OMD (Objectifs du millénaire pour le développement) en 2020».
Concernant le troisième rapport, il sera présenté dans quelques jours à Bruxelles (voir encadré) dans le cadre d’une table ronde régionale qui a pour but d’analyser la situation des droits de la femme et l’égalité entre l’homme et la femme dans la région méditerranéenne. Outre le Maroc, d’autres pays arabes seront présents, notamment l’Algérie, la Tunisie, l’Egypte, la Jordanie, le Liban, la Syrie ainsi que la Palestine.
«Analyse de la situation des droits de la femme et l’égalité entre les hommes et les femmes dans la région méditerranéenne» est le thème d’une table ronde qui sera organisée du 15 au 17 mars à Bruxelles par l’EGEP (Programme régional Euromed égalité hommes-femmes). Les organisateurs veulent, à travers cette rencontre, consolider le rapport d’analyse de la situation régionale sur le statut de l’égalité entre les hommes et les femmes dans la région Euromed. Ils se sont également fixé l’objectif de trouver un accord sur les priorités et les stratégies régionales relatives à l’égalité entre hommes et femmes dans le cadre des conclusions des conférences ministérielles d’Istanbul et de Marrakech mais également de développer une base de planification participative et globale pour le programme EGEP dans les neuf pays partenaires.
———————————————————————–
Questions à: Rajaâ Berrada – Fathi • Membre du présidium de la FLDDF (Fédération de la ligue démocratique des droits de la femme).
• Pourquoi le Maroc a présenté deux rapports lors de la 54e commission de l’ONU ?
Il fallait absolument présenter deux rapports. Le rapport présenté par la ministre a passé en revue tous les acquis du Maroc notamment dans le cadre des revendications de Pékin. Parallèlement, la société civile s’est déplacée également à New York pour parler de toutes les actions entreprises par le Maroc notamment l’entrée en vigueur du Code de la famille mais aussi pour parler des points de faiblesse.
Certes, le code de la famille fut révolutionnaire mais il connaît tout de même une certaine résistance de la part des acteurs qui sont des parties prenantes dans l’application du code.
Par ailleurs, la société civile marocaine est partie à New York avec des revendications nouvelles concernant la loi-cadre qui doit absolument criminaliser la violence.
• Quels sont les principaux défis à relever dans l’avenir ?
A mon sens, le premier défi concerne la scolarité qui doit réellement devenir obligatoire pour les petites filles. Il est vrai que l’enseignement est déjà obligatoire théoriquement dans la loi mais il doit le devenir concrètement à travers la mise en œuvre de moyens de suivi sur le terrain, voire même de pénalité. De même, il faut que le travail des enfants soit interdit réellement encore une fois. Par ailleurs, il faut que l’approche genre devienne un outil de travail adopté par tous les acteurs politiques et économiques. Je pense que c’est un défi énorme qui demande beaucoup de travail et surtout une implication de la part de tous les acteurs.
• Un mot sur le projet «Printemps de la dignité»?
Plusieurs associations œuvrant dans le domaine de la défense des droits des femmes sont actuellement en concertation pour monter une coalition qui sera baptisée «Printemps de la dignité». On parle actuellement d’une éventuelle réforme du code pénal. C’est pour cette raison que nous avons voulu saisir l’occasion pour formuler certaines recommandations concernant les femmes dans le code pénal pour criminaliser la violence. Les deux premiers rapports ont été présentés à l’occasion des travaux de la Commission des droits de la femme à l’ONU, qui ont eu lieu récemment à New York. Gouvernemental, le premier a été défendu par Nouzha Skalli, ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité. Le deuxième, qui est un rapport parallèle, fut présenté par les ONG marocaines actives dans le domaine des droits de la femme. Les deux rapports ont passé au crible la situation des femmes marocaines dans les villes et dans le milieu rural durant les dernières années.
Le rapport gouvernemental couvre la période 2004-2009. Une période qui, selon les responsables marocains, est caractérisée par l’intérêt accordé par les instances du pays à la promotion et la protection des droits de la femme. En effet, depuis l’adoption par le Maroc de la plate- forme de Beijing en 1995, des mesures ont été prises pour accélérer les réalisations dans les domaines prioritaires. Selon ce rapport, ces mesures ont respectivement porté sur le volet institutionnel ainsi que sur l’élaboration de politiques en faveur de la promotion des droits de la femme. Concrètement, les efforts déployés se sont traduits par de nombreuses réformes législatives en vue d’harmoniser l’arsenal législatif marocain avec les dispositions des instruments internationaux ratifiées par le Royaume en matière des droits humains. D’après le rapport, il s’agit principalement du code du travail, du code de la famille et de celui de la nationalité.
Outre les réformes législatives ayant pour but de renforcer l’égalité entre les hommes et les femmes, les auteurs citent les différentes initiatives pratiques mises en œuvres, notamment la stratégie nationale pour l’équité et l’égalité.
Manque de mécanisme de suivi
Le rapport met l’accent, par ailleurs, sur les efforts déployés pour l’institutionnalisation de l’approche genre. Dans ce sens, des plans d’actions sectoriels ont été créés par des départements ministériels pour donner effet à la stratégie nationale pour l’équité et l’égalité. Toutefois, les responsables reconnaissent que ladite stratégie manque d’un mécanisme de suivi. Le rapport passe en revue également les mesures prises par le gouvernement marocain afin de lutter contre la violence à l’égard des femmes.
Ainsi, le pays s’est doté d’une stratégie nationale en plus d’un plan opérationnel dans ce domaine. Un projet de loi incriminant la violence conjugale a été également élaboré par le ministère du Développement social, de la Famille et de la Solidarité. Une enquête de prévalence de la violence est actuellement en cours et dont les résultats sont prévus au mois de juin 2010.
Les difficultés qui perdurent toujours ont été également évoquées. Le rapport relève dans ce sens que des efforts restent toujours à déployer pour parachever la réforme des lois. Dans les domaines de l’éducation et la formation, les phénomènes de la déperdition scolaire, le redoublement ainsi que les disparités qui persistent toujours entre la scolarisation de la fille urbaine et celle rurale ont été pointés du doigt.
Concernant l’accès des femmes aux soins et aux services de santé, les responsables mentionnent les dysfonctionnements du système de santé qui entravent l’atteinte des objectifs de la stratégie nationale de la «santé pour tous», adoptée depuis les années 80 par les responsables marocains.
L’un des défis majeurs de la femme marocaine reste, sans nul doute, sa faible représentativité dans les instances politiques. Car en dépit de l’accès de la femme à différents secteurs, relève le rapport, sa représentation est en deçà des attentes. Les chiffres sont édifiants. Avant les élections de 2009, le taux de la représentativité féminine au niveau local ne dépassait guère 0,56%.
Rapport parallèle
De leur part, les organisations non gouvernementales marocaines ont réalisé un rapport parallèle qui offre, certes, plusieurs points de convergences mais qui met l’emphase sur de nombreuses insuffisances. Ledit rapport affirme que la féminisation de la pauvreté est un fait au pays. «La pauvreté féminine, selon le rapport des ONG, est accentuée par une grande vulnérabilité multiple et complexe liée à des discriminations fondées sur le genre qui perdurent toujours dans certains secteurs». Le rapport évoque notamment les cas des femmes rurales travailleuses qui continuent à être privées de leurs droits socio-économiques car leur travail n’a pas d’équivalent monétaire et donc non comptabilisé et demeure en dehors des statistiques.
De même, la coalition des ONG marocaines, ayant contribué à la réalisation du rapport, atteste que l’écart entre hommes et femmes en matière d’alphabétisation persiste encore. Toujours selon le même rapport, le phénomène de l’abandon scolaire touche principalement les filles, notamment dans le monde rural. En ce qui concerne le domaine de la santé, les taux de mortalité maternelle au Maroc demeurent anormalement élevés. Selon l’enquête sur la population et la santé familiale 2003-2004, le taux de mortalité maternelle avoisine les 227 cas par 100.000 naissances vivantes.
Selon le rapport des ONG, la réduction des trois quarts du nombre des femmes qui meurent durant la grossesse ou après l’accouchement, à l’horizon 2015, est une «visée caduque».
Pour les ONG actives dans les domaines de la promotion des droits de la femme, la société civile a, certes, été reconnue comme partenaire par le gouvernement, mais pour elles, ce partenariat demeure encore confus. La coalition des ONG marocaines, ayant contribué à la réalisation du rapport de suivi, affirme que «les actions propres aux 12 domaines vitaux des droits de la femme, qui constituent l’ossature de la feuille de route de l’implication des Etats, sont, certes, ébauchées à des degrés variés quant à l’état de leur avancement, mais elles sont insuffisantes à faire aboutir cette égalité de genre dans les délais préconisés, entre autres ceux des OMD (Objectifs du millénaire pour le développement) en 2020».
Concernant le troisième rapport, il sera présenté dans quelques jours à Bruxelles (voir encadré) dans le cadre d’une table ronde régionale qui a pour but d’analyser la situation des droits de la femme et l’égalité entre l’homme et la femme dans la région méditerranéenne. Outre le Maroc, d’autres pays arabes seront présents, notamment l’Algérie, la Tunisie, l’Egypte, la Jordanie, le Liban, la Syrie ainsi que la Palestine.
«Analyse de la situation des droits de la femme et l’égalité entre les hommes et les femmes dans la région méditerranéenne» est le thème d’une table ronde qui sera organisée du 15 au 17 mars à Bruxelles par l’EGEP (Programme régional Euromed égalité hommes-femmes). Les organisateurs veulent, à travers cette rencontre, consolider le rapport d’analyse de la situation régionale sur le statut de l’égalité entre les hommes et les femmes dans la région Euromed. Ils se sont également fixé l’objectif de trouver un accord sur les priorités et les stratégies régionales relatives à l’égalité entre hommes et femmes dans le cadre des conclusions des conférences ministérielles d’Istanbul et de Marrakech mais également de développer une base de planification participative et globale pour le programme EGEP dans les neuf pays partenaires.
———————————————————————–
Questions à: Rajaâ Berrada – Fathi • Membre du présidium de la FLDDF (Fédération de la ligue démocratique des droits de la femme).
• Pourquoi le Maroc a présenté deux rapports lors de la 54e commission de l’ONU ?
Il fallait absolument présenter deux rapports. Le rapport présenté par la ministre a passé en revue tous les acquis du Maroc notamment dans le cadre des revendications de Pékin. Parallèlement, la société civile s’est déplacée également à New York pour parler de toutes les actions entreprises par le Maroc notamment l’entrée en vigueur du Code de la famille mais aussi pour parler des points de faiblesse.
Certes, le code de la famille fut révolutionnaire mais il connaît tout de même une certaine résistance de la part des acteurs qui sont des parties prenantes dans l’application du code.
Par ailleurs, la société civile marocaine est partie à New York avec des revendications nouvelles concernant la loi-cadre qui doit absolument criminaliser la violence.
• Quels sont les principaux défis à relever dans l’avenir ?
A mon sens, le premier défi concerne la scolarité qui doit réellement devenir obligatoire pour les petites filles. Il est vrai que l’enseignement est déjà obligatoire théoriquement dans la loi mais il doit le devenir concrètement à travers la mise en œuvre de moyens de suivi sur le terrain, voire même de pénalité. De même, il faut que le travail des enfants soit interdit réellement encore une fois. Par ailleurs, il faut que l’approche genre devienne un outil de travail adopté par tous les acteurs politiques et économiques. Je pense que c’est un défi énorme qui demande beaucoup de travail et surtout une implication de la part de tous les acteurs.
• Un mot sur le projet «Printemps de la dignité»?
Plusieurs associations œuvrant dans le domaine de la défense des droits des femmes sont actuellement en concertation pour monter une coalition qui sera baptisée «Printemps de la dignité». On parle actuellement d’une éventuelle réforme du code pénal. C’est pour cette raison que nous avons voulu saisir l’occasion pour formuler certaines recommandations concernant les femmes dans le code pénal pour criminaliser la violence.
lematin.ma
Le Réseau national des centres d’écoute des femmes victimes de violence (Anaruz) a présenté, samedi à Rabat, son troisième rapport sur « la violence basée sur le genre au Maroc », qui s’appuie sur les témoignages des femmes violentées.
Le rapport, qui a été présenté au cours d’une conférence de presse, relate les formes de sévices corporels et psychologiques subis par les femmes victimes de violence, les préjudices économiques et juridiques du fait de ces actes dont elles sont la cible, les abus sexuels, ainsi que l’impact de tels comportements sur les femmes et les enfants.
Selon les informations collectées par les centres d’Anaruz, les violences économiques et corporelles restent les plus répandues, avec des taux respectivement de 37,6 et %. En troisième position, viennent les abus sexuels avec 10,7%, puis les préjudices juridiques (10,1%) et psychologiques (8,8%).
La coordinatrice nationale d’Anaruz, Mme Atefa Timjerdine, a expliqué, dans une déclaration à la MAP, que le rapport a tenté d’établir des connexions entre les aspects économique et juridique, d’une part, et physique et psychologique, de l’autre.
Le Réseau Anaruz œuvre à garantir l’application saine du Code de la famille, a-t-elle dit, annonçant la prochaine création d’un collectif appelé « Alliance du printemps de la dignité » qui regroupera des associations féminines en vue de présenter des propositions relatives à la violence contre les femmes dans le code pénal.
Le troisième rapport Anaruz intervient, d’après ses auteurs, dans le sillage des initiatives de défense des droits de la femme, à travers une analyse thématique des violences qui leur sont faites et une sensibilisation de l’opinion publique, l’objectif étant de mettre au point des actions et de réaliser des projets en phase avec la réalité nationale et les besoins réels des femmes, sur la base de l’approche genre.
En dépit de la multiplication des initiatives dans ce domaine, une évaluation précise du degré de propagation de ce phénomène pose toujours problème, en raison du statut social des femmes et de la nature de la violence basée sur le genre.
Le Réseau national des centres d’écoute des femmes victimes de violence a été créé en 2004, à l’initiative de 19 associations et centres d’écoute, dans le but d’accompagner l’effort de lutte contre les violations des droits des femmes.
MAPF